Towards The Sun

14 octobre 2015

Day 1: D-DAY

Ça y est : le grand jour est arrivé !

J'ai tout laissé derrière moi : mon emploi, mon appart, ma famille, mes amis. Je pars à Bali pour un mois et demi. Pour aider des enfants à construire leur avenir. Pour construire le mien aussi. Pour apprendre à méditer. Pour me développer.

Ça fait 8 mois jour pour jour que Bali a recroisé mon chemin.
Il y a quelques années, en lisant "Mange, Prie, Aime", quelque chose a tiqué à l'intérieur de moi : un jour, moi aussi j'irai à Bali, un jour, Elizabeth Gilbert, ce sera moi. J'étais étudiante, en couple, dans un monde où rien ne me prédestinait à ce genre de parcours. Oui, mais quand quelque chose doit arriver, il arrive. L'univers est très doué pour toujours mettre sur mon chemin la bonne personne, au bon moment. Pour provoquer en moi ces bons au niveau du coeur de plus en plus fréquents.
Oui, ça fait exactement 8 mois aujourd'hui que Bali a recroisé mon chemin et pourtant... je n’ai jamais été autant à la masse pour préparer un voyage. Mon visa, mes valises, etc. : tout a été fait à la dernière minute. Comme si je ne contrôlais plus rien. Je devrais paniquer mais, bizarrement, je me sens bien. Sereine.

Je pars pour un mois et demi.
Un mois et demi dans un pays que je connais pas, au rythme d'une culture que je ne maîtrise pas.
Un mois et demi qui va marquer un tournant décisif dans ma vie.

-SOMMAIRE -
Day 1: D-Day (Le jour J)
Day 2: Flying (Vol)
Day 3: Kuta & Legian - part 1 (Kuta & Legian - 1ère partie)
Day 4: Kuta & Legian - part 2 (Kuta & Legian - 2ème partie)
Day 5: New City, New People (Nouvelle ville, nouvelles têtes)
Day 6: Orientation - part 1 (Orientation - 1ère partie)
Day 7: Orientation - part 2 (Orientation - 2ème partie)
Day 8: Orientation - part 3 (Orientation - 3ème partie)
Day 9: Orientation - part 4 (Orientation - 4ème partie)
Day 10: Orientation - part 5 (Orientation - 5ème partie)
Day 11: From Sunrise to Sunset (De l'aube au crépuscule)
Day 12: Lobster (Homard)

Day 13: First Day of School (Premier jour d'école)
Day 14: Full Moon (Pleine lune)
Day 15: Morning Bath (Baignade matinale)
Day 16: The Art of Bargaining (L'art de marchander)
Day 17: Silent Authority (Autorité silencieuse)
Day 18: Like A Billionaire (Dans la peau d'un milliardaire)
Day 19: The Other Face of Indonesia (L'autre visage de l'Indonésie)
Day 20: A Very Special Day (Une journée très particulière)
Day 21: Left-Handed (Gaucher)
Day 22: Productive (Productive)
Day 23: Intrusions (Intrusions)
Day 24: Calm After the Storm (Le calme après la tempête)
Day 25: New Buddy (Un nouveau pote)
Day 26: Home Alone (La maison pour moi toute seule)
Day 27: New Experiences (Nouvelles expériences)
Day 28: Rain (Il pleut, il pleut, Bergère)
Day 29: Om Shanti Om (Om Shanti Om)
Day 30: Negative Energy (Énergie négative)
Day 31: Time to Say Goodbye (Le moment des au-revoirs)
Day 32: An Awful Wonderful Day (Une horrible magnifique journée)
Day 33: Lose Control, Relax and Enjoy (Lâche prise, détends-toi, profite)
Day 34: Once Not Twice (Une fois pas deux)
Day 35: A Rollercoaster of Emotions (Un ascenseur émotionnel)
Day 36: Defying the Rules (Défier les règles)
Day 37: The Multi-Stop Day (La journée aux multi-arrêts)
Day 38: Cultural Gaps (Fossés culturels)
Day 39: Determined to Fight, Determined to Dive (Une détermination au-delà de la peur)
Day 40: Gili T. Is NOT Bali (Gili T. n'est PAS Bali)
Day 41: Sea, Swings & Sun (Le lundi au soleil)
Day 42: Something Special About Bali (Une énergie particulière)
Day 43: Time vs Transportation (Les transports et la notion du temps)
Day 44: It's a Strange, Strange World (Un monde très étrange)
Day 45: A Very Special 27th Birthday (Un anniversaire pas comme les autres)
Day 46: Goodbye Bali (Au revoir Bali)
Day 47: On My Way (En chemin)

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16 octobre 2015

Day 3: Kuta & Legian - part 1

Ma première nuit à Bali aura été courte, très courte. Apparemment, dans un sens comme dans l'autre, que j'avance ou que je recule ma montre de 6h, l'effet reste le même : à 3h du matin j'ai les yeux grands ouverts ! Faut dire qu'entre l'ampoule du couloir en plein dans mon champ de vision et les bruits de la rue voisine, au centre de l'animation nocturne, je ne suis pas bien aidée. Du coup, quand les bruits se sont calmés, vers 3h30, je me suis réjouïe... un peu trop vite ! Le coq a pris le relai ! Enfin LE coq, c'était plutôt LES coqs !!! Quand on vient de la ville, on croit ce qu'on nous a expliqué étant petits, c'est-à-dire que le coq ne chante qu'une fois, au lever du jour. Mais que nenni !!! Ici, en vrai, ils chantent à toute heure du jour ou de la nuit et pas en choeur en plus ! Une vraie conversation avec chant de question et chant de réponse. J'ai rallumé la lumière, pris un livre, lu un moment (ils ont terminé leur conversation), éteint la lumière et bam... COCORICOOO ! À croire qu'ils ont des détecteurs de tentative de sommeil intégrés. Bref, j'ai abandonné !

Mon premier petit déjeuner aussi aura été "mémorable". Sur le buffet, il y avait presque que du salé. Mais pas genre des oeufs brouillés et du bacon. Nan nan. Genre je vais manger au resto chinois de bon matin. Des plats de riz, nouilles, le tout cuisiné (et les odeurs qui vont avec). De bon matin, bizarrement, ça donne pas envie ! C'était très drôle de voir la tête décomposée des autres français quand ils arrivaient devant le buffet. Une fois le salé éliminé, il restait pas grand chose. Alors tant pis, même si c'est déconseillé, j'ai mangé des fruits et bu du café. Au pire, je suis laaarge en réserve de Smecta.

Mon sac sur le dos, j'ai descendu Jalan Legian, la rue principale immense où on trouve les bars, boîtes de nuit, magasins attrape-touristes, instituts de beauté, restaurants... Et mon hôtel aussi. Vue la couleur de ma peau, pas besoin d'avoir des yeux de pilote de chasse pour me repérer facilement, moi la touriste. Résultat : j'étais alpaguée de partout... "Halo!", "Hello!", "Good morning!" Mais laissez-moi tranquille ! Ça m'a tellement saoulée que j'ai laissé s'effondrer mes 26 ans de sociabilité intensive : j'ai arrêté de répondre. Et de les regarder aussi. Mais, pire encore que les vendeurs, il y a les chauffeurs de taxi ! Enfin, les chauffeurs ET leur p***** de m**** de klaxon sur lequel ils appuyent dès qu'ils passent à côté de toi. Sauf qu'à Kuta/Legian, ils sont partout, en file indienne dans la circulation qui n'avance pas. Nan mais loulou, si j'ai snobé ton prédécesseur 10 secondes plus tôt, c'est pas pour monter dans ton taxi ! (non, je suis pas énervée !)

C'est aussi là que se trouve le Memorial Wall, mur érigé en mémoire des victimes de l'attentat de Bali en 2002. Il est très beau : un style traditionnel, une plaque avec les noms des victimes, des mots, des fleurs. Oui mais, comme il a été construit juste à côté de la boîte de nuit visée, il se trouve en plein milieu de la circulation. Si on se retourne, on voit des taxis, des scooters, ralentis par l'intensité du traffic. Et, bien évidemment, on entend un concerto de klaxons.

J'ai testé le Hard Rock Café local. "Quoi ??? Tu vas jusqu'à Bali pour manger un burger ?!!" Le petit déjeuner m'a traumatisée, en fait, je crois. Tellement que j'avais besoin de nourriture familière. Oui, bon, il s'avère que tous les Hard Rock Cafés ne se valent pas (cf. Las Vegas... hum, trop bon !). Et puis, 260,000IDR (16€), c'est juste un prix exhorbitant pour un repas à Bali. Côté positif, ça m'a reboostée pour manger local ! Au moment de payer, la vendeuse est partie avec mes sous et... rien. Heu... t'as cru que c'était un pourboire ? Plus de peur que de mal, elle a fini par revenir (15 ans plus tard), en me faisant cadeau de 150IDR (l'addition initiale était de 260,150IDR avec la taxe). Oui, bon, certes je n'ai officiellement économisé que 0,00001€, mais psychologiquement ça m'a refait ma journée !

J'ai marché le long de Kuta Beach, histoire d'être un peu au calme, loin des vendeurs-alpagueurs. Il y a bien quelques vendeurs sur la plage aussi, mais plutôt à l'entrée, à l'ombre. Et les rares vendeurs ambulants ne hurlent pas en mode "Chouchouuus, beigneeets ! Qui veut des beigneeets ? À la fraise, à la pomme ou au cho-co-laaat !" (il m'a traumatisé ce slogan, 10 ans plus tard, je m'en souviens encore !). Ce sont plutôt les profs de surf qui approchent, mais c'est pas aussi étouffant. Et puis sur la plage, il y a les vagues et leur bruit apaisant. Des vagues qui montent super haut d'ailleurs. C'est impressionnant pour une habituée de la mer Méditerrannée ! Du coup, il y a des surfeurs aussi, beaucoup. Indonésiens et étrangers. Les pieds dans l'eau (ça fait tellement de bien l'eau fraîche par cette chaleur !), j'ai fait plein de photos et admiré leur technique Des touristes prenaient des cours sur le sable. C'était drôle de les voir creuser des trous dans le sable en "nageant" et tenter de se redresser le plus vite possible.

Chaque jour, les Balinais préparent des offrandes aux dieux. Des offrandes qu'ils posent parfois en plein milieu du trottoir (déjà pas très spacieux). Il faut faire super attention où on met les pieds si on ne veut pas les écraser. Je voudrais pas me faire haïr des dieux à peine arrivée, moi !

En rentrant, je suis allée faire un tour dans ma piscine privative. Officiellement, c'est la piscine de tous les clients de l'hôtel, mais vu qu'il n'y avait personne d'autre, c'était tout comme. J'en ai profité pour nager un peu et squatter un transat le temps de sécher. Il fait tellement chaud ici que ça fait vraiment du bien, surtout après une longue journée en mode arpentage de rues particulièrement bruyantes.

Le soir, j'ai mangé au Kopi Pot, un resto pas loin de mon hôtel. L'ambiance est tamisée et, même s'il est situé sur la fameuse Jalan Legian, les tables sont un peu en retrait du bruit. J'ai goûté le saté au boeuf, avec une présentation en mode mini barbecue à-même ma table, riz blanc et jus d'orange. pressé. Je confirme : les pizzas, burgers et autres plats occidentaux, j'abandonne ! C'était vraiment très bon !

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17 octobre 2015

Day 4: Kuta & Legian - part 2

Pour éviter une 2ème nuit blanche, cette fois, j'ai employé les grands moyens : masque de nuit + boules quies. Oui, bon, ok, ça fait un peu superficiel, mais ça a vachement bien marché ! La preuve : j'ai eu droit à un "Hello! You're looking good today!" de la part du serveur au petit déjeuner (petit déj' où j'ai fait une réserve de toasts - en prévision d'une potentielle pénurie - et amené le jus d'orange acheté la veille dans une supérette pour une misère). Le plus drôle c'est que moi, au réveil, "Oh p***** !", j'ai beugué sur mes yeux gonflés par la chaleur.... les standards de beauté doivent pas être les mêmes ici !!

24h d'écarts de températures intérieures/extérieures auront suffi à m'achever : j'ai le rhubbbe ! En pleine "été", je suis ravie ! "Hey, enchantée. Un petit concert de trompette, ça te dit ?"

J'ai pris Jalan Legian en sens inverse, direction le nord de Legian. "Massage? Massage?", "Pedicure?", "Bike?", "Shopping?" Bon, c'est officiel : les vendeurs-alpagueurs me sortent par les trous de nez (=le retour de la revanche du 2ème volet de mon associabilité !). Mais il faut reconnaître que certains, prêts à tout pour vendre, font dans l'originalité. "Hey beautiful!", "Good morrrning! I lope you! Do you want to be my girrrlfrrriend?" Hum... oui, fin, si tu me parles avec cette accent, ça risque d'être compliqué ne serait-ce que pour t'embrasser. J'aurais trop de mal à me concentrer / retenir mon fou rire, je pense ! (à noter, aussi, au passage : les Indonésiens mettent des "p" à la place de certaines lettres, comme le "f" ou le "v")

Apparemment, les dieux fument. Oui oui ! Il y avait des cigarettes dans les petits paniers d'offrandes aujourd'hui. En même temps, quand on est immortel, on doit pas trop se préoccuper des effets nocifs sur la santé ! Je les imagine bien en train de me zieuter, la clope au bec, en plein conflit intérieur à l'entrée d'un temple, en mode "J'y vais ou j'y vais pas ?". Oui, parce que, comme me l'a rappelé un panneau devant un temple aujourd'hui, pendant leurs règles, les femmes n'ont pas le droit d'entrer. Et là, c'est soit tu respectes la culture locale et tu dis adieu aux belles photos, soit tu fraudes et tu t'attires les foudres des dieux-fumeurs. Il y a plus qu'à prier (ces mêmes dieux-nicotinés) pour que la situation ne se présente pas...

En cherchant un T-shirt au réveil, j'ai eu une révélation : je n'ai que 5 t-shirts en tout dans ma valise, pour 5 jours de cours par semaine (cours où mes épaules et mes genoux doivent être couverts). Et m**** ! C'est ça de faire sa valise au dernier moment ! Du coup, je suis partie en quête de lessive et j'ai trouvé des mini-doses individuelles pour 5,300IDR la dizaine seulement (0,30€) ! Je vais faire mes courses à Bali avant de rentrer, je crois, moi !

J'ai mangé au Warung Murah, un tout petit restaurant recommandé par le Lonely Planet. Il paie tellement pas de mine depuis la rue que j'ai failli le dépasser sans percuter. Au menu : poulet grillé, riz, légumes et jus de citron. Un super petit repas, pour 42,000IDR seulement (soit 2,50€... oui oui, j'ai bien dit DEUX EUROS CINQUANTE !). Le seul petit problème de mon assiette, c'était la sauce. Heureusement qu'ils la mettent toujours à côté et que j'en ai mis très peu sur mon morceau de viande Ça s'est mis à piquer d'un coup. Oh boy!!! J'ai retenté l'expérience plusieurs fois, en mode "Entraîne-toi, ton palai s'habituera." Hum mouai, fin, après 5 tentatives, mon palai m'a surtout fait comprendre qu'il avait atteint ses limites !! Et puis... "Are you enjoying your stay?"... j'ai rencontré Gary, originaire de Los Angeles, la cinquantaine, qui vit à Bali depuis 15 ans. On a parlé des différences culturelles, de l'enseignement en Indonésie, de tout et de rien. Une rencontre éclaire, totalement inattendue et super enrichissante.

Je suis redescendue par Legian Beach, histoire de fuire le bruit du centre ville (les vendeurs !) et surmonter la chaleur (y a pas à dire, on est bien les pieds dans l'eau !). Les vagues sont encore plus grosses qu'à Kuta Beach (plus au sud) et les surfeurs ont, du coup, un meilleur niveau. Je pourrais rester des heures à admirer leur technique, en mode paparazzi. Il y avait aussi un maître-nageur-sauveteur qui jouait aux beach volley avec deux vacancières. J'ai essayé d'imaginer la même situation en France... Ça paraît tellement improbable !

C'est la deuxième fois en deux jours qu'un chauffeur de l'hôtel me demande ce que j'ai fait de ma journée et quand je leur explique mon parcours à pied, même réaction : ils écarquillent les yeux. Ben quoi ? Certes, le taxi ne vaut pas grand chose pour la "riche" occidentale que je suis, mais c'est pas non plus herculien comme effort. Si ? Ou alors c'est le fait que je marche toute seule qui les perturbent... comme les serveurs quand je leur dis que je voudrais une table pour une personne...

Après un énorme coup de barre qui s'est transformé en grosse sieste (toujours le décalage horaire qui fait des siennes !), j'ai profité de mon "porche" (ma terrasse-couloir avec vue sur la piscine). Ça fait tellement de bien de se poser à la tombée de la nuit, à l'air frais !! J'avais plus envie de bouger.

Fin bon, il fallait quand même remplir mon estomac donc j'ai pris la direction du Adi Dharma Cottages et j'ai testé le nasi goreng, spécialité indonésienne, et le kelapa muda, un jus de jeune noix de coco qui n'a rien de spécial à part la présentation, dans une noix de coco. En même temps, face à l'assaisonnement du plat, il ne peut paraître que fade. La sauce, j'étais rodée, je l'ai testée du bout de la fourchette. Par contre, je ne me suis pas du tout méfiée des petits bâtonnets de légumes. La boulette de débutante !!! Ma bouche a soudainement pris feu, vraiment, et mes yeux se sont mis à me brûler tellement fort que je n'arrivais plus à les ouvrir. Je me suis retrouvée à essuyer mes larmes en plein resto. Genre, la fille, elle est triste de manger seule (ce qui n'est pas vrai du tout, au contraire, je n'avais jamais testé avant Bali, mais j'y prends goût... associabilité, acte 3 !). Comme la veille, la serveuse est partie avec mes sous et puis... rien. Au début, je me suis dit qu'ici c'était normal. Sauf qu'elle n'est jamais revenue. Elle a commencé à plier les nappes tranquille, pépère. Heu... il a fallu que je lui redemande. J'aime vraiment pas la relation qu'ils ont face au touriste blanc occidental, le "riche". Si je veux laisser un pourboire, je le ferai volontiers, mais c'est pas à eux de décider pour moi. Si on les laisse faire, à terme, on se fait dépouiller. Du coup, mes 1,000IDR (0,06€), je les ai récupérés. (Oh, radinus !) Autre constation financière : à qualité égale, mon dîner aura coûté 2,5 fois mon déjeuner. Oui, techniquement, 6€ pour un repas, c'est ridicule, mais quand on prend conscience qu'à ce prix-là on pourrait tenir toute la journée, on finit par revoir les prix à la baisse, vraiment. Il va faire mal le retour en France à 30€ le resto !!!

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18 octobre 2015

Day 5: New City, New People

Bilan de mes 3 premiers jours à Bali :
Je suis contente d'être allée à Kuta / Legian parce que je peux affirmer, en connaissance de cause (et pas parce que "quelqu'un m'a dit que"), que ce coin n'est pas fait pour moi. Il y a trop de touristes, beaucoup venus uniquement pour faire la fête, trop de vendeurs-alpagueurs, trop de circulation… Ouai, cette partie de Bali est too much tout court, en fait. Et ce n’est pas ce que je suis venue chercher jusqu'ici. Je suis contente aussi de l’avoir visitée en premier parce que je sais que ce qui m’attend sera un niveau au-dessus.
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Aujourd’hui aussi j’ai eu droit à ma petite surprise financière... décidément ! Pour payer l’hôtel, je n’avais plus assez d’espèces, alors j’ai sorti ma carte. ‘‘Si vous payez par carte, il y a des frais de 3%.’’ What ??? Et là, réflexe de français : je vais me plaindre auprès de Booking.com, c’était écrit nulle part... et puis, ton petit cerveau de râleur fait la conversion et tu te dis que bon, finalement, pour 2€, c’est peut-être pas vraiment nécessaire de se lancer dans une telle procédure...

Mon point de rendez-vous avec le chauffeur du programme était à 30 minutes à pied en ligne droite depuis mon hôtel. Chargée comme une mule comme je l’étais (deux sacs à dos de 20 et 60 litres chargés à bloc et ma saccoche d’appareil photos), la logique aurait voulu que je prenne un taxi. Surtout quand on voit le prix dérisoire (avant même négociation). Oui mais, c’est bien connu, je ne suis pas du genre à faire simple quand je peux faire compliqué. Du coup, j’ai entamé ma marche en mode backpackeuse ventrale dorsale sur les trottoirs étroits remplis de vendeurs-alpagueurs et d’offrandes et sous un soleil de plomb. Au pire, je pouvais toujours changer d’avis et prendre un taxi en cours de route. Oui, sauf qu’abandonner non plus ça n’est pas mon genre. Au final, malgré la douleur et la liquéfaction de ma peau, j’ai snobé touuus les taxis. Pire encore, j’y ai vraiment pris goût et je me suis bien vue en mode Reese Witherspoon dans Wild ! Je vais peut-être re-réfléchir à la manière dont je veux vivre mes deux ans au Canada, moi...

En chemin (comme quoi, ça a du positif d’avoir utilisé mes pieds !), j’ai fait une découverte. Le long de Jalan Legian, il y avait des étangères de bouteilles de vodka (AbsolutVodka) avec un liquide jaune à l’intérieur. Heu… vendre de la pisse en bocal c’est une coutume balinaise ? Et puis, j’ai vu le petit panneau ! En fait, le liquide jaune bizarre, c’était de l’essence ! Oui oui, sérieux.

Comme il me restait une trentaine de minutes, je suis rentrée en nage et super chargée dans un petit café rattaché à une boulangerie ‘française’ histoire de remplir mon estomac. J’ai opté pour une salade grecque. Oui, je sais, une salade greque dans un café français, ça fait pas très local, mais j’anticipe mon dégoût du riz. Tant qu’à être malade, je préfère manger des légumes crus au risque de rentabiliser mon énorme boîte de Smecta (au moins, ça fera de la place dans mon sac !) que ne plus rien pouvoir avaler parce que je fais une overdose du produit phare local. (Cela dit, peut-être que dans quelques jours, à trop abuser des fruits et des légumes crus, en salade ou en jus, je changerai d’avis...)

Je m’attendais à voir un représentant de Green Lion, l’association locale avec laquelle International Volunteer HQ travaille à Bali, mais c’est un chauffeur de taxi qui nous a emmenés Philippe (suédois), Corah (anglaise), Camille (française) et moi jusqu’à Penestanan, le petit village près de Ubud où les bénévoles logent. Si le trajet s’est bien passé à l’intérieur de la voiture (en terme de sympathisation entre bénévoles), le spectacle routier extérieur n’avait rien de rassurant. Le trajet confirme ce que j’ai remarqué ces deux derniers jours : le code de la route est une notion particulièrement floue à Bali ! Bon, déjà, ils roulent à gauche donc forcément, ça déstabilise. Mais le plus traumatisant, c’est la combinaison "pas de ceinture à l’arrière avec des conducteurs qui roulent vite, dépassent à l’arrache et se rabattent en queue de poisson". Et je parle même pas des scooters : le casque est une option très TRÈS facultative, le chargement… boh, pourquoi s’encombrer d’une remorque (?) et les routes… oh, c’est tellement plus sympa de rouler sur un trottoir super étroit quitte à renverser 2-3 touristes au passages… après tout, c’est mieux que de rester coincé dans les bouchons et puis, ils sont tellement nombreux ! Bref, conduire à Bali, on m’avait prévenue que c’était dangereux. Je sais maintenant pourquoi !

Sur les 4 bénévoles, je suis la seule à m’être retrouvée dans une maison, plus loin. Dommage, j’avais commencé à bien sympathiser. Quand je suis arrivée dans ma maison, le peu de bénévoles présents dormait. Je me suis sentie un peu seule sur le coup. Quand Charlie (anglaise, l’une de mes coloc’) s’est réveillée, on a parlé du fonctionnement à la maison, des différents programmes, etc. Les autres nouveaux sont arrivés au compte goutte. Au total, il y a 2 chambres de 6 lits (3 lits superposés dans chaque chambre) pour 9 filles dont 6 nouvelles, comme moi. Et un joli melting pot composé de Charlie, Danielle (américaine) et Leila (turque) (les 3 ‘‘anciennes’’), Anna (allemande), Ayla (canadienne), Celeste (australienne), Emily et Amanda (américaines), toutes là pour une durée et un programme différent. Et point super important : au premier abord, elles ont l’air sympa ! La maison a un confort rudimentaire : la cuisine (sur le porche), la douche (à moitié en extérieur), les chambres (uniquement des lits, nos valises traînent par terre),  mais tout est là. Dehors, il y a un petit bassin avec des poissons, des plantes super jolies/inconnues au bataillon, on peut voir le ciel depuis la douche (donc se laver en regardant la lune, les étoiles).

Vue la chaleur intense à mon arrivée et le programme vide du reste de la journée, j’ai suivi Emily (ma coloc') et Tae (américain) à la piscine, à 5 minutes à pied. Wouaouh la piscine ! Enfin, LES piscines !!! Avec chaises longues et lits à baldaquin, bassins turquoises… bref, le rêve, pour 3€ seulement ! (oui, je sais, je parle toujours d’argent, mais ça me traumatise toujours autant !) Là-bas, on a rencontré d’autres nouveaux bénévoles et une canadienne et sa fille, installée à Bali depuis peu avec son mari. On a beaucoup parlé de la vie de résident étranger à Bali, les points positifs et les nombreux points négatifs auxquels on doit se plier (comme payer beaucoup plus cher partout même si on a un salaire local, par exemple). Comme elle a aussi vécu dans d’autres pays, notamment en France (à Lyon, le monde est petit, hein ?), ça a vraiment été un échange très intéressant.

La soirée s’est passé en mode détente à la maison. J’ai expérimenté les plateaux repas, très rudimentaires eux-aussi, mais là ça risque de pas plaire à mon estomac. Pas tant au niveau qualité, c’est plutôt la quantité qui m’inquiète. Si un léger gargouillement s'entend jusqu'en France, je plaiderai coupable ! Les ‘‘anciennes’’, elles, après une semaine de plateaux-repas, ont pris l’habitude de manger à l’extérieur. Et sinon, j’ai rencontré Bobby : un énooorme gecko !! (un bébé salamandre ?) Bawaaah, autant sur les murs il me gêne pas, autant je me suis assurée qu’il ne risquait pas de grimper sur mon lit en pleine nuit. Bobby a plein de copains à la maison, mais qui sont, fort heureusement, beaucoup plus petits que lui !

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19 octobre 2015

Day 6: Orientation - part 1

À Bali, le soleil se lève tôt, du coup, sans masque (probablement logé dans un recoin improbable de mon sac), ni boules quies, difficile de faire une grasse mat'. D'autant que dans ma rue (enfin, mon tout petit chemin), les coqs sont présents en colonies (les combats de coqs sont encore fréquents dans les villages par ici). De quoi mettre en place une vraie fanfare ! Boh, positivons : ça m'a laissé le temps de me préparer tranquillement.

Notre semaine d'orientation a débuté avec la visite d’Ubud, la ville à proximité de Penestanan, notre village. Comparé à Kuta, il y a beaucoup moins de magasins attrapes-touristes, d'embouteillages (ce qui, en contrepartie, implique une circulation-floue beaucoup plus rapide/dangereuse), de chauffeurs de taxis klaxonnant à tout va (cela dit, chauffeur de taxi doit quand même être le métier le plus répandu à Bali, ils paraissent juste un peu moins intrusifs à Ubud qu’à Kuta). À première vue, sans hésiter, je sens que je vais beaucoup plus me plaire ici.
Notre groupe d'orientation comprend une vingtaine de filles (que des filles, la parité comme je l'aime PAS, quoi !), réparties sur trois maisons différentes. Au total, il y a environ 70 bénévoles à Ubud, venus du monde entier et répartis dans 7-8 maisons et sur 5-6 programmes. C'est énorme !! Je pensais qu'on serait une dizaine, à peine. À chaque activité, la longue liste de prénoms à apprendre se rallonge. Ça devient compliqué !

Notre première étape : le palai du roi. L'architecture est très belle, comme dans les temples. Il y a des cérémonies dans l'enceinte parfois et les hommes jouent de la musique sous les "tonnelles". J’espère que j’aurai l’occasion de voir ce que ça donne.
Histoire de s'entraîner à marchander, on est allées faire un tour sur le marché. Mes coloc's cherchaient des sarongs, des espèces de paréos à nouer autour de la taille avant d'entrer dans un temple. J'attends de voir le rapport qualité/prix qu’elles arrivent à négocier avant d'investir de mon côté. C'est impressionnant comme ils doublent les prix à la vue d'un touriste blanc ! Quand je les vois faire, je les imagine en mode Picsou, des symboles de dollars qui clignotent dans les yeux. "Ooooh, MONEY, MONEY, MONEYYY!!!"
Et puis, pour terminer la matinée en beauté, grosse attraction touristique, roulements de tambours ladies and gentlemen, tin-tin-tin-tiiiin (oui bon ok, j'avoue, je sais pas faire le bruit du tambour !) : on a visité la fameuse forêt des singes !!! Même si ces singes-là ne sont pas les plus vicieux de l'île, on était prévenues : pour éviter toute attaque soudaine d'un cousin éloigné donc le degré d'agressivité dépend du taux de remplissage de son estomac, il est plus sage de ne laisser aucun aliment, ni aucune bouteille à vue/à portée de mains, encore moins de se balader les poings fermés. En grosses touristes friquées que nous sommes (ou pas !), on a succombé à l'achat de mini-bananes à donner aux singes pour qu'ils viennent les déguster (enfin, les dégommer en 5 secondes) sur notre épaule et faire de belles photos. Sauf que, quand mon tour est venu, pas de chance, une fois la banane dans les mains, le singe s'est barré la manger dans son coin. Ok, bon, deuxième singe, deuxième tentative... deuxième échec ! Seriously, monkeys??? C'est la couleur de mon t-shirt qui vous revient pas ou quoi ? L'odeur de mon parfum ? Oh, wait, j'en n'ai pas mis, c'est peut-être pour ça !? Bref... peu importe, notre stock de bananes n'étant pas illimité, pas question de me faire couillonner une deuxième fois. Je la voulais ma photo, moi ! Sauf que, réflexe de touriste blanche-friquées-STUPIDE, j'ai tiré la peau de banane vide vers moi. Résultat : l'autre loulou qui a, sans doute, cru que je voulais lui voler son casse-croûte, s'est empressé de récupérer sa peau de banane avant de me laisser une belle empreinte de dents sur l'avant-bras ! Quand on sait que les singes ici sont porteurs de la rage, c'est super rassurant ! C'est à ce moment-là qu'on devient particulièrement doué(e) en matière d'auto-persuasion : "C'est bon, t'as pas saigné, tu risque rien." Et puis, on raconte ses mésaventures à ses coloc's et, devant leur regard inquiet, on se transforme en homme : "Oh mon dieu, je vais me mettre à baver de la mousse blanche (pire que quand je me lave les dents !). Au secours, je vais… je vaiiis mouuurirrrr !!!"

Plutôt que de rentrer manger notre lunch-box peu garnie à la maison, on a testé un restaurant plutôt sympa (Chill Out!) dans le centre ville. Pour changer du riz, j'ai opté pour le mie goreng, un plat quasi-identique au nasi goreng (morceaux de viande en brochette, sauce, un oeuf au plat, légumes). La seule différence : le riz est remplacé par des nouilles. Il va falloir que j'apprenne à cuisiner la sauce à la cacahuète qui accompagne de nombreux plats indonésiens parce que je suis en train de devenir accro !

L'après-midi, on a eu droit à un cours d'initiation aux coutumes balinaises, ce qui se fait ou pas en matière de religion, alcool, relations hommes-femmes, etc. C'était super intéressant ! Surtout qu'à chaque coutume, Dawa, notre coordinateur, nous racontait toujours une anecdote. Et il y en a une qui m'a particulièrement marquée. Il faut savoir qu'ici, les couples ne s'affichent pas en public (ni bisou, ni promenade main dans la main, rien) ; c'est une question de respect. Et alors, dans un temple, encore moins ! Sauf que des amoureux qui avaient dû forcer un peu trop sur le gingembre ont laissé leurs hormones en ébullition prendre le contrôle de leur cerveau. Bisou langoureux, petite gâterie ou câlin plus poussé, on ne connaîtra pas les détails (Dawa ne s'est pas attardé, dommage pour la commère qui sommeille en moi !), quoi qu'il en soit, ils ont été jugés et, en plus de se voir interdire l'entrée sur le territoire indonésien pendant quelques années, les accros du gingembre ont été condamnés à payer la construction d'un nouveau temple. À l'avenir, peut-être qu'ils réfléchiront à deux fois avant de souiller un lieu sacré ! (perso, la question que je me pose c’est ‘‘est-ce que ça a freiné leur libido ?’’...)

Sur le chemin du retour, on a vu la façade arrière d'un temple. Contrairement à la façade avant, pleine de sculptures, statues, etc., elle était complètement lisse, non peinte, brute. Boh, ça m'a surprise : je pensais que les dieux avaient les yeux partout. Apparemment ils n’ont pas accès à la façade arrière. Leur champ de vision doit être limité aux offrandes qui leur sont apportées deux fois par jour...

Dans la catégorie je-teste-des-aliments-inconnus-au-bataillon, j’ai testé un nouveau fruit : le mangoustan. Sa coque est dure, très épaisse, dans les tons de violet. À l’intérieur, le fruit a la couleur et la consistance d’un lychee, mais se détache un peu à la manière d’une clémentine. Et, information principale, c’est bon!

Notre première journée d’orientation s’est achevée en apothéose avec un spectacle de chants et danses balinaises exécutés uniquement par des hommes. Il n’y avait aucun instrument, tous les sons étaient réalisés par les nombreux chanteurs (une cinquantaine, peut-être). C’était vraiment impressionnant ! Surtout quand on se dit que le spectacle a duré deux heures. Je suis aussi en totale admiration devant la manière dont les danseurs positionnent leurs mains. J’aimerais tellement prendre des cours de danse balinaise.

La nuit, c’est le seul moment où il fait bon. J’aime bien m’asseoir sur un coussin à même le sol (il n’y a pas de chaises chez nous) sur le porche avec, comme musique de fond, le chant des grenouilles et des geckos (il faut bien que les coqs reposent leur voix de temps en temps). Je pourrais rester là des heures et des heures.

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20 octobre 2015

Day 7: Orientation - part 2

Je suis plutôt fière de moi en matière d'adaptation à mon environnement : les conversations interminables des coqs ne m’ont pas empêchée de dormir et ce, malgré la perte de mes boules quies pendant la nuit ! Wouhouuu !!!

À Penestanan (le village où je vis), il y a des ‘‘arches’’ d’entrée le long des rues, décorées un peu comme les temples. Toutes les maisons derrière ces arches appartiennent aux membres d’une même famille. Dans chaque famille, une femme est responsable des rituels d’offrandes : une fois les paniers fabriqués et garnis, elle a pour mission de les déposer sur le temple familial et devant l’entrée des maisons. Ce matin, j’ai eu la chance de tomber sur la dame qui s’en occupe dans la famille à qui appartient la maison où je vis. C’est vraiment une coutume qui me fascine : je voudrais tellement apprendre, comprendre, reproduire. Les couleurs sont tellement belles, l’assiduité et le respect avec lequel les femmes s’en chargent aussi. Je suis en totale admiration !

Ce matin, Dewa nous a emmenées nous promener sur les hauteurs d’Ubud voir des terrasses de riz. Bon, alors, manque de bol, elles étaient sèches. Une fois le riz récolté, ils laissent le sol s’assécher volontairement pendant 3 semaines avant de remettre de l’eau et de replanter du riz. C’est un peu une sorte de jachère accélérée. Bah, positivons : au moins, j’aurai vu les différents cycles de la culture du riz. Maintenant, il faut que je réussisse à replacer ça dans une conversation…

Le long du chemin, il y a quelques stands d’artistes. Beaucoup de peintres, sur toiles ou sur œufs, et quelques sculpteurs. Dewa, nous a emmenées dans une petite boutique où on est restés beaucoup plus longtemps que nécessaire. Bizarre. Je le soupçonne d’avoir choisi la boutique de ses amis. On ne peut pas lui en vouloir, c’est un peu comme ça ici. Il doit récupérer un pourcentage sur nos achats.

Sur le chemin du retour, Amanda (l’une de mes coloc’s) me disait qu’elle aimerait connaître la vraie raison qui a poussé chacune d’entre nous à venir à Bali, pas uniquement la réponse en surface du style ‘‘J’avais envie de faire du bénévolat. J’avais envie de visiter Bali.’’ Ça m’a fait cogiter. Bien sûr que je suis là parce que j’ai toujours voulu faire du bénévolat auprès d’enfants, parce que je voudrais m’initier au yoga et à la méditation. Mais pourquoi Bali ? Pourquoi maintenant ? Qui, dans mon entourage, est au courant ? Qui me connaît vraiment ? Derrière notre gentillesse et nos sourires, chacune d’entre nous cache des blessures, des échecs, des doutes, des peurs, des espoirs aussi. Peu importe nos âges, nos parcours ou nos origines, nous sommes toutes venues chercher la même chose à Bali : NOUS-MÊME.

L’après-midi, on a eu droit à une initiation au Bahasa Indonesia, la langue locale. Maintenant, je sais compter et me présenter. La seule expression que je connaissais déjà, pour l’avoir entendue à chaque fin d’annonce vocale à l’aéroport de Jakarta, c’est ‘‘Terima kasih.’’ (merci). Comme je vois mal dans quel contexte je pourrais glisser de l’indonésien dans une conversation à mon retour, j’ai décidé de profiter de ce petit instant linguistique pour étaler ma science ! ‘‘Selamat sore. Nama saya Tiphanie. Saya dua puluh enam tahun. Saya dari Prancis.  Saya pergi ke sekolah.’’ (traduction : Bonjour. Je m’appelle Tiphanie. J’ai vingt-six ans. Je viens de France. Je vais à l’école.) Les deux dernières phrases sont très importantes car la provenance et la destination sont deux notions essentielles pour les Balinais. Elles font partie de cet équilibre qu’ils recherchent en permanence. Si un Balinais nous demande ‘‘Kemana anda pergi?’’ (où allez-vous ?), il faut éviter de lui répondre qu’on est perdu. Ça le déstabiliserait. Enfin, sauf s’il est chauffeur de taxi : là, il risquerait d’enclencher le mode Picsou ! (‘‘Money, money, MONEYYY!’’ … ou Abba, en fait, au choix !)

Une fois le cours terminé, on est retournées faire un tour au marché. Comme c’était la fin de la journée, ils étaient déterminés à vendre. Le point positif c’est que la négociation peut vite tourner à notre avantage. Mais parfois aussi dégénérer… Amanda en a fait les frais. Pendant qu’elle négociait le prix d’une petite sculpture en bois, une vendeuse voisine a alpagué Alyssa (américaine, elle aussi). Comme elle a cassé ses prix, Alyssa a interpellé Amanda. Et là, la vendeuse n°1 est devenue hargneuse : elle a commencé à crier en indonésien sur sa concurrente et, quand Amanda a voulu s’éloigner de son stand, elle lui a agrippé le poignet pour la forcer à prendre le sac contenant la sculpture et donc payer. Ça s’est passé très vite, mais c’était assez violent à regarder. Amanda est partie sans sculpture, sans payer, traumatisée.

En sortant du marché, encore perturbées, on est tombées sur une cérémonie. On a essayé de savoir, après coup, en quel honneur la moitié de la ville avait défilé sous nos yeux en tenues traditionnelles, mais ça reste un mystère. Il y en a tellement par ici. Je ne sais pas ce que la petite fille et le petit garçon d’environ 7 et 5 ans avaient fait pour être portés sur des chaises en hauteur, quoi qu’il en soit c’était MA-GNI-FI-QUE !!! Les vêtements, les couleurs, la musique, les chars… tout ! Toutes les générations étaient réunies, chacune avec des rôles bien définis. C’était vraiment beau à voir. De quoi oublier l’incident du marché.

Pour nous remettre de toutes ces émotions, on a mangé au Warung River View, un restaurant dans le centre de Bali. Pour accompagner mon satay (je deviens vraiment accro à la sauce cachuète, moi !), j’ai ENFIN testé la Bintang, la célèbre bière locale. Comme il faisait très chaud, on a opté pour la version large. Ah oui mais large, pour moi, ça veut dire la taille d’une pinte, maximum… pas 620ml ! Là, on fait dans le XL !!! Heu… du coup, la vraie question c’est : si je veux un bière à taille ‘‘normale’’, je demande quoi ? une bière XS, s’il vous plaît ? (ça me fait penser que, bizarrement, Dewa ne nous a pas enseigné le mot ‘‘bière’’ cet après-midi…)

On pensait prendre un taxi, mais finalement on est rentrées à pied, toutes les 11, dans le noir, par notre chemin tortueux. Autant la première fois que j’ai vu toutes les marches d’escaliers j’ai déchanté, autant j’ai l’impression que plus je le arpente, plus le chemin paraît court. À ce rythme-là, bientôt, je le ferai en courant ! Je plaisante mais, honnêtement, quand je vois ce que je mange (quantité/qualité) et ce que je dépense (chaleur/sport) chaque jour, il se peut qu’en un mois et demi mon corps subisse quelques changements...

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21 octobre 2015

Day 8: Orientation - part 3

La journée a été riche en activités culturelles.
Au programme de la matinée : peinture batik – première étape et offrandes de fleurs.
Au programme de l’après-midi : cours de cuisine balinaise.

Chacune d’entre nous a eu droit à son morceau de tissu blanc rectangulaire (de la taille d’un foulard) et a dû choisir le motif qui lui plaisait. La peinture batik se déroule en 3 étapes :
- on dessine le motif choisi au crayon de papier (enfin, dans notre cas, c’était plutôt ‘‘on décalque le motif choisi’’... faut pas déconner non plus, si Van Gogh sommeille en moi, il est toujours en période d’hibernation !) ;
- on redessine le motif avec un produit doré empêchant les couleurs de se mélanger à l’étape 3 (comme le produit est dangereux / à manier avec précaution, des professionnelles le feront pour nous) ;
- on peint (c’est le moment de laisser s’exprimer notre imagination... ‘‘Van Gogh, réééveeeille-toiii !’’).
J’ai fait un mix entre deux motifs, histoire d’avoir une tortue ET une fleur. Mission du jour : décalquage !

Dewa nous a ensuite initiées à l’une des nombreuses offrandes réalisées par les balinais, appelée Canang Sari. Chaque couleur représente un élément et un dieu. Les couleurs sont présentes en quantité identique, toujours par souci d’équilibre. Il y a :
- Wisnu, le dieu de l’eau, représenté par le noir ou le violet au nord ;
- Iswara, le dieu du vent, représenté par le blanc ou le rose à l’est ;
- Brahma, le dieu du feu, représenté par le rouge au sud ;
- Mahadewa, le dieu de la terre, représenté par le jaune à l’ouest
- Shiva, symbole de l’équilibre, représenté par le vert, au centre.
On a fabriqué nos petits paniers avec des feuilles de cocotier, puis on les a garnis de fleurs violettes, roses, rouges et jaunes et de petites feuilles vertes. 
Une fois le panier terminé, les femmes qui s’en occupent rajoutent une tige d’encens et bénissent l’offrande d’un geste de la main en parlant. J’aimerais bien savoir ce qu’elles disent : une phrase qu’elles récitent ? une demande plus personnelle ? Il faut que je me renseigne. Des offrandes, elles en déposent deux fois par jour devant chaque maison, chaque entreprise des membres de leur famille. Tout lieu qui a besoin de chance. Tant que l’encens brûle, il ne faut pas marcher dessus… d’où l’importance de regarder en permanence où on met les pieds à Bali. Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas envie de me faire haïr des dieux !
En rentrant chez nous, j’ai posé mon petit panier dans le temple qu’il y a sur notre terrasse. Bon, certes, je n’ai pas d’encens (ni de cigarettes !), je ne connais pas non plus la phrase de bénédiction, mais j’ai utilisé mes propres mots. Après tout, les dieux sont partout et indulgents.

J’avais vraiment hâte d’assister au cours de cuisine l’après-midi. Je me voyais déjà découper, mélanger, cuisiner les ingrédients. J’avais hâte d’apprendre. J’ai vite déchanté ! Il y avait plusieurs petites tables avec des ingrédients différents sur chacune d’entre elles. Je me suis assise là où il restait de la place, devant un saladier de germes de haricots. Grave erreur ! Pendant que les filles assises aux autres tables découpaient, mélangeaient, cuisinaient, nous on devait prendre les germes un par un pour leur retirer la queue et la pellicule verte sur la tête. La mission de merde, quoi ! (surtout quand on voit la taille du saladier) On a bien essayé de grapiller, mais pas moyen de faire céder Dewa : retirer la pellicule et la queue, ça porte chance. Hum personnellement, je trouve que d’être tombée sur ce stand de ‘‘cuisine’’, c’est déjà la poisse, alors un peu plus, un peu moins, soyons fous, ne retirons rien du tout ! Bref, ça m’a littéralement blasée. Une fois nos germes rajoutés aux autres ingrédients, on a toutes fait nos rouleaux de printemps. (j’ai enfin réellement mis la main à la pâte !) Mais le meilleur moment reste la dégustation. Au menu : rouleaux de printemps, bananes poêlées / coulis de chocolat et thé glacé au citron. Hum... trop bon ! J’attends les recettes.

En fin d’après-midi, Danielle (l’une de mes coloc’s, américaine, là depuis 4 semaines) nous a emmenées nous balader sur les hauteurs de Ubud voir des terrasses de riz non asséchées. C’est vrai que la visite de la veille nous a un peu laissées sur notre faim ! La nuit tombe très tôt ici, vers 17h30. En France, par 30°C, la nuit ne tombe pas avant 22h. Du coup, c’est assez déstabilisant au début, mais on s’y fait. L’avantage, c’est qu’en partant de jour et en revenant de nuit, on assiste au coucher du soleil. Et c’est très beau à voir : la lumière, les couleurs, tout ! On en a profité pour s’offrir un petit dessert au passage. Je n’avais jamais testé la glace au thé vert, c’est chose faite. Bon, pour être honnête, je n’ai pas trouvé ça top (trop farineux). Il faudrait que je reteste ailleurs pour voir si ça vient du restaurant ou du parfum...

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22 octobre 2015

Day 9: Orientation - part 4

Cette semaine, ma rue, c’est un peu Rome : il y a des travaux partout ! Dans ‘‘ma famille’’, ils construisent une maison, la famille d’en face, un temple (?), etc. Aujourd’hui, on a même eu droit à un amas immense de graviers à l’entrée de notre arche, déposé en partie sur nos escaliers. Déjà qu’ils étaient pas bien larges... Ils testent notre souplesse, en fait, je pense ! Les conditions dans lesquelles ils travaillent feraient blêmir n’importe quel entrepreneur français : pas de casque, à cheval sur les poutres de toit sans protection, les enfants dans les pattes... bababaaah, à chaque fois que je vois un chantier, je flippe à leur place ! 
Sinon, depuis quelques jours, on a aussi droit à l’odeur du fumier. Aaaah... les joies de la campagne !

On a assisté à notre deuxième cours de Bahasa Indonesia. Au programme du jour : les membres de la famille, les jours de la semaine, les fruits, les animaux, les couleurs, les directions, les mots interrogatifs. Ça en fait du vocabulaire ! Dewa nous a demandé de retenir 5 mots et de les réciter sans tricher. J’ai choisi : ibu (mère, à prononcer comme un ‘‘hibou’’, je trouvais ça drôle... chacun son humour !), selasa (mardi, non pas que ce soit un jour particulièrement attrayant à mes yeux, mais j’aimais bien ce mot), kelapa (noix de coco, maintenant je sais que le ‘‘kelapa muda’’ que j’ai bu à Kuta veut littéralement dire ‘‘noix de coco jeune’’), bebek (canard, à force de parler de Picsou !) et kupu-kupu (papillon, ce mot aussi je le trouvais marrant).

En sortant du cours, on a suivi Danielle à Goa Gajah, le temple devant lequel elle passe tous les jours en allant à l’école où elle enseigne. Le taxi n’avait pas fini de se garer qu’au moins trois vendeuses de sarongs s’étaient précipitées devant les portières. Là, on a franchi un cap : adieu Picsou, bonjour la méthode mente religieuse. Et bonjour la sensation d’étouffement ! (surtout quand on est claustrophobe) Cela dit, point positif : elles vendent leurs sarongs à 20,000 IDR avant négociation (soit 1,20€), sarongs obtenus à 50,000 IDR (3€) après négociation sur le marché d’Ubud. Oui bon, certes, en euros, la différence n’est pas grande, mais en roupies indonésiennes, ça fait beaucoup ! C’est le prix d’un jus de fruit ou d’une bière dans un restaurant.
C’était ma première tentative de démarche en sarong et, honnêtement, c’est plutôt galère, surtout dans les escaliers. J’avais qu’une envie : remonter mon sarong comme on remonte une jupe longue. Sauf que le but étant de cacher les genoux, c’était un peu compliqué. Je recommande le combo sarong / tongs / ‘‘jungle’’, histoire d’avoir une démarche super sexy ! Oui parce que je me suis perdue !! J’ai suivi le panneau ‘‘temple’’, je me suis retrouvée dans la forêt de plantes balinaises, toute seule, sur des chemins tortueux plutôt approximatifs et là, summum de l’horreur, j’ai entendu un truc remper sur le sol juste devant mes pieds chaussés de tongs. Oh puuutaiiin !!! Mon cœur a fait un bon. Finalement, plus de plus que de mal, c’était ‘‘juste’’ un gros (très gros !) lézard. Pfiouuu… aller, on reprend ses émotions et on rebrousse chemin. Oui parce qu’au final, mes coloc’s n’avaient pas pris cette direction !

Après avoir gobé notre repas en 10 minutes top chrono, on est parties dans une petite maison du village pour s’initier à la peinture batik. Peinture batik – deuxième partie (troisième étape). En récupérant mon foulard redessiné à la peinture dorée, mes yeux se sont rivés sur mon prénom. Quand Dewa nous a demandé de l’écrire, je me suis contentée des quatre premières lettres, en majuscules, à l’arrache, ponctuées d’un petit smiley qui sourit. J’étais loin d’imaginer qu’il serait repeint en doré, lui aussi. Bonjour la signature d’artiste ! Au final, j’ai dû passer deux heures sur mon foulard, à jouer sur les dégradés de bleu, de vert, de rose / rouge et de jaune orangé. J’ai adoré cette activité ! Ça m’a détendue, tellement que j’ai pris mon temps, tellement que je suis partie en dernière, tellement que je me suis perdue ! Deux fois dans la même journée, ça fait un peu beaucoup. En matière d’équilibre provenance – destination à la balinaise, j’ai encore des progrès à faire !

Dans mon chemin, il y a un écureuil… en cage ! Quand on voit comme ils sont sauvages en France, difficile à croire qu’ils peuvent être domestiqués. Entre les coqs, les poules, les oiseaux, l’écureuil, j’ai parfois l’impression de vivre dans une basse court !

Le soir, l’association Green Lion organisait un repas de bienvenue pour les nouveaux venus et d’au revoir pour ceux qui terminent leur programme, en mode buffet indonésien. C’était assez sympa. Le seul bémol, c’est qu’au final, moi qui voyait ce repas comme une occasion pour rencontrer de nouvelles têtes, je n’ai parlé qu’à mes coloc’s et les filles de mon groupe d’orientation. Je les adore, hein, mais je ne serais pas contre l’idée de rencontrer des garçons aussi, pour changer.

Sur le chemin du retour, on s’est arrêtées à Kopi Desa, un petit café, bar, restaurant près de chez nous et j’ai testé la Bintang Lemon, la fameuse bière locale en version citronnée. Autant la bière de base ne m’a pas transcendée, autant celle au citron, j’ai a-do-ré !!! Heu… elle existe en version large aussi celle-là ?

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23 octobre 2015

Day 10: Orientation - part 5

Aaaaaaargh... mais que quelqu’un lui torde le cou !!! Ma fierté quant à mon adaptation à mon environnement campagnard vient de s’effondrer comme un château de cartes à cause d’un p*$!@% de coq de meeerde ! C’est quoi ce chant surnaturel en mode je déblatère toute ma tristesse ??? Tu peux pas te plaindre en silence ? Ou au minimum communiquer sur le même ton, déjà bien chiant (soyons honnêtes !), que tes nombreux autres potes du quartier ? Bref, ce matin, au réveil, j’ai eu comme une envie de combat de coqs ! Et j’étais prête à lui casser une pâte juste avant, histoire d’être certaine qu’il ne sorte pas vainqueur. (Que de violence !)

Notre semaine d’orientation s’est achevée en beauté avec la visite du temple Tirta Empul à Tampaksiring, à 30 minutes au nord d’Ubud. Tirta Empul est réputé pour ses bassins de sources sacrées. Il y avait beaucoup de touristes, bien sûr, mais aussi beaucoup d’Indonésiens qui viennent se purifier. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des petits bouts de choux aussi. Le respect qu’ils ont envers les traditions religieuses me fascine. Vraiment. Le rituel de purification se déroule en deux temps : à chaque fontaine (et il y en a une vingtaine), il faut se passer de l’eau trois fois sur le visage, trois fois sur la tête. Bon, étant donné qu’on nous répète de ne pas boire l’eau de source ici parce qu’elle n’est pas très propre, je doute un peu de mon processus de purification, mais j’ai joué le jeu. Et comme je ne sais pas ce qu’ils disent quand ils ont les mains en position ‘namaste’, j’ai utilisé mes propres mots. Après tout, j’étais dans l’eau, donc Wisnu (le dieu de l’eau) ne devait pas être très loin. J’espère juste que son français n’est pas trop rouillé !

Quand l’une des deux femmes de ménage a attrapé le sac poubelle de notre terrasse, elle en a retiré un sac de congélation rempli d’une énorme quantité de poudre blanche. Heu... WHAAAT THE FUUUCK??? Intriguée, elle l’a montré à sa collègue en rigolant. Personnellement, ça ne m’a pas fait rire. Mes yeux se sont écarquillés, ma respiration s’est accélérée, mon cœur s’est emballé. Bali. Drogue. Peine de mort. J’ai paniqué. Elle l’a reniflé. Ça sentait la farine. Sachant qu’on nous délivre de lunchboxes trois fois par jour et qu’on n’a rien pour cuisiner, qu’est-ce que 500g de farine faisaient dans notre poubelle ??? Ça restera un mystère...

L’après-midi, tous les nouveaux bénévoles étaient rassemblés pour découvrir leur binôme pour les semaines à venir. Je vais travailler dans une école maternelle appelée Green Lion (comme l’association) à 30 minutes de Penestanan, avec Joanne, une Australienne de 53 ans. Je suis trop contente ! En plus d’être une femme que j’apprécie énormément, elle a de l’expérience puisqu’elle est institutrice. Elle a tellement de choses à m’apprendre, moi qui, de mon côté, passe d’adolescents râleurs et blasés à des petits bouts avides de connaissances.

Le soir, j’avais deux missions : faire mon sac et me coucher tôt. Demain, une grosse journée m’attend...

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24 octobre 2015

Day 11: From Sunrise to Sunset

0h45. Non, ce n’est pas l’heure à laquelle je me suis couchée. C’est l’heure à laquelle mon réveil a sonné ! Après seulement trois heures de sommeil, j’ai enfilé mes baskettes de randonnée, attrapé mon sac à dos, rempli mes poches de barres de céréales, rempoté ma bouteille d’eau : direction le Mont Batur, un volcan situé à deux heures de route au nord-est d’Ubud. Son ascension est réputée pour la beauté du paysage au lever du soleil. Autant dire que mon appareil photo et moi on était carrément motivés. Mais ce que l’on nous dit pas, c’est à quel point on s’apprête à galérer ! Quand on vient de Savoie, deux heures de randonnée, on se dit qu’on va les faire les doigts dans le nez. Heu... oui, enfin, personnellement, j’ai vraiment cru que mon corps allait capituler ! En plus d’être très pentu, le sol volcanique est constitué de cendres et de cailloux qui glissent sous nos pieds au moindre pas. Et puis, randonner de nuit, ça veut dire qu’on ne voit pas ce qui nous attend quelques mètres plus haut donc que notre cerveau ne peut pas anticiper le calvaire à venir, encore moins s’y adapter. Ça veut dire aussi qu’on doit tenir une lampe de poche dans une main et qu’on ne peut donc pas s’en servir pour grimper. Enfin ‘‘grimper’’, c’était plutôt ‘‘escalader’’. Le sol, le manque de sommeil et de visibilité font de cette randonnée un vrai challenge. Si mes poumons ne m’ont pas aidée, ce sont mes cuisses qui ont failli me lâcher. Vraiment. Le guide qui fermait la marche de notre groupe a eu pitié de moi : à force de me tendre la main de plus en plus souvent pour les passages difficiles, il a fini par ne plus me lâcher (oui, bon, ok, j'avoue, en vrai, c’est moi qui ais glué ma main à la sienne !). Pour me motiver, j’essayais d’imaginer ma nouvelle photo de profil Facebook de dos, les bras tendus, le regard tourné vers le soleil levant en mode ‘‘je suis le roi du monde’’. Hum... oui, sauf qu’arrivée en haut, finie l’image de carte postale qui respire les 30°C, c’est plutôt vacances en Bretagne ou petite tour de bateau sous le Golden Gate Bridge en plein ‘‘été’’. Autant dire que la brosse à cheveux et le fer à lisser sont des ustensiles tout à fait superflus. À mon avis, Iswara (le dieu du vent) a voulu 1-me remettre à ma place moi (petit être humain) et mes envies de photos dominant le monde et 2-tester ma résistance au froid ! Difficile à croire mais, oui, à Bali aussi il peut faire froid, très froid.
Une fois le soleil levé, il faut redescendre. Et là, on entame l’acte II du calvaire Mont Baturien. Je pensais naïvement que le chemin du retour serait plus court, mais que nenni ! Il m’a paru in-ter-mi-na-ble. Ils nous ont fait prendre un détour, je vois que ça...
Si je devais évaluer cette randonnée, je dirais que je suis assez partagée. Bien sûr le lever du soleil est à couper le souffle et je suis très contente de l’avoir fait, mais je me demande si le calvaire en vaut la chandelle. Cinq heure de torture pour 30 minutes d’extase, j’appréhende les courbatures !

Sur le chemin du retour, le chauffeur s’est arrêté sur une plantation de café. J’avais tellement mal aux pieds que je ne pouvais plus marcher. En attendant les filles, je me suis assise sur le trottoir, les bras posés sur les genoux, la tête posée sur les bras et j’ai sombré dans les bras de Morphée. Oui oui, là, comme ça, sur le trottoir du parking. La plantation attendra, la dégustation sera pour une autre fois.

De retour à Penestanan, j’ai troqué mon coupe-vent et mon écharpe contre mon maillot de bain et ma serviette de plage, mes baskettes de randonnée contre mes tongs : direction Seminyak, la ville au nord de Kuta et Legian. Pour nous remettre de nos émotions, on a passé l’après-midi sur la plage, à bronzer et se laisser porter par les énormes vagues (voire finir notre nuit). Et puis, assises sur des transats, une petite Bintang citronnée à la main, on a regardé le soleil se coucher. Il était rouge, c’était magnifique ! Bon, par contre, qui dit retour dans une ville touristique, dit retour des vendeurs-alpagueurs. Sarongs, bijoux, maquillages, gadgets aussi variés qu’inutiles, on a eu droit à tout, y compris à un mini minion-jukebox. Heu... sinon, vous pourriez nous laisser bintanguer tranquilles ?

Le soir, après avoir ensablé la douche, j’ai troqué mes shorts-T-shirts-tongs contre le combo robe-sandale-maquillage. Après 10 jours au naturel, ça fait vraiment bizarre. ‘‘Heu... excusez-moi. Oui vous, la demoiselle toute en beauté de l'autre côté du miroir. Qu’avez-vous fait de mon reflet ?’’

Au restaurant, la plupart d’entre nous (10 sur 12) a choisi un plat occidental : burger, wrap, pâtes ou pizza. J’ai beau énormément apprécier la nourriture balinaise, mon estomac ne peut pas la tolérer en continu. Les filles non plus. On est toutes d’accord sur un point : le weekend a de grandes chances de devenir notre moment ‘consommation de nourriture familière’.

Pour terminer cette trèèès looongue journée en beauté, on a testé La Plancha, un bar de plage très réputé pour ses gros poufs (j'ai bien dit gros poufs, pas grosses pouffes !) et ses parasols très colorés, sur fond de musique festive. J’ai commandé une sangria blanche, un cocktail à base de gin, sauvignon blanc, liqueur de pêche, fruits frais et limonade. HUUUM !!! C’est confirmé, mes 27 ans, c’est dans ce bar que je veux les fêter ! 

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25 octobre 2015

Day 12: Lobster

Notre hôtel était vraiment pas mal du tout : pas cher, près de la plage, La Plancha, quelques boutiques très sympas, juste l’espace qu’il faut pour poser ses valises le temps d’une nuit, personnel sympathique et... vrai petit déjeuner. Pancakes à la banane, fruits frais, jus d’orange pressé, thé : le pied !

Comme Ubud est dans les terres, on est retournées profiter de l’océan tant qu’on le pouvait... un peu trop, peut-être. On a cramé ! Bon, et évidemment, rien de surprenant, le homard de la troupe, c’était moi. Cela dit, plus mon capital soleil diminue, plus je fais des progrès en matière de crème solaire : sur le haut de mon corps, seules quelques petites superficies par-ci par-là n’ont pas reçu leur dose de crème. Par contre, sur les jambes, j’ai joué mon boulet. Littéralement. Comme je suis allée me baigner directement en arrivant, je n’ai pas mis de crème sur mes jambes. Sauf qu’en sortant de l’eau, comme j’avais du sable partout, j’ai attendu, attendu, attendu, le temps de réaliser qu’il est bizarre le sable ici (il se glue à la peau, même lorsqu’elle est sèche) et de récupérer mon retard de sommeil... bref, j’ai complètement zapé. J’ai percuté lorsque ma peau a commencé à rosir légèrement. Oui, sauf que... trop tard ! Dans l’heure qui a suivi, mes cuisses ont viré au rouge vif, à tel point que j’aurais pu auditionner pour le rôle de Sébastien dans La Petite sirène sans problème. Plus qu’à travailler mon accent : ‘‘Dé touw cé bien mieu, touw l’mond è euweuu, souuus l’océaaaaaan !’’ Ah oui, puis tant qu’à jouer les boulets, autant y aller à fond : une fois la dose de crème adéquate étalée sur mes membres supérieurs, j’ai essuyé mes mains sur le haut de mes cuisses. J’ai donc hérité de jolies tâches géométriques. C’est très sex !
Les vagues étaient encore plus fortes que la veille, c’était impressionnant. Je comprends pourquoi le drapeau est toujours rouge sur la plage. Personnellement, je n’y emmènerais pas un enfant.

Pour limiter les dégâts sur mon corps (et aussi parce que mon estomac avait besoin d’être rempoté), j’ai pris place dans un petit restaurant de plage, à l’abris du soleil mais avec vue sur l’océan. Autant mon repas était bon, autant j’ai comme l’impression que le serveur a essayé de nous couillonner, Dita et moi. Une fois rassasiées, on a demandé à payer séparément. Sauf que le montant total inscrit sur la note (rédigée à la main) était supérieur au prix de nos deux repas additionnés. Jusque-là rien de très surprenant puisque, ici, certains restaurants affichent les prix hors taxe sur leur carte. Mais, si c’est le cas, une annotation ou le serveur le précise. Là, non. En additionnant nos plats et boissons individuellement, on a bien payé le prix annoncé initialement. Bon, ok, ça ne faisait que 7,000 IDR de différence (soit 2€ chacune), mais il a fait le même coup à Shannon avec ses frites dans la foulée : il a arrondi les 28,000 IDR à 30,000 IDR. Quand elle a percuté, il a fait style de s’être trompé. Heu... t’es vraiment vraiment pas doué en maths, loulou, ou tu doubles ton salaire sur le dos des touristes blancs-riches-naïfs ?

Pour limiter les dégâts en termes d’exposition aux UV et se rincer, on est allées rentabiliser la piscine de l’hôtel. La caméra GoPro d’Emily en main, on s’est bien amusées.

Une fois le quart d’heure retour-en-enfance terminé, on a fait un petit tour dans la rue de l’hôtel. Emily a réussi à faire tomber le prix d’un haut de 280,000 IDR à 100,000 IDR (soit de 17€ à 6€). La technique de choc qui fonctionne à tous les coups : partir. Ils nous donnent un prix (ahurissant la plupart du temps !), on fait une offre largement inférieure, ils baissent leur prix petit à petit, on campe sur notre position, on commence à partir. Et là, bam ! On se sent d’humeur à festoyer au champagne, genre on vient de négocier le prix d’un appart’. C’est tous ces zéros, ça nous monte au cerveau. Bon, après, on fait la conversion en euros et là on se dit que, peut-être, une bouteille d’eau ça suffit. Après tout, l’alcool c’est cher ici. 

Comme les filles n’avaient pas mangé, on s’est arrêtées à The Dusty Café, un petit restaurant décoré comme un salon de thé. C’est super beau ET super bon ! En lisant la carte, même si j’avais déjà mangé quelques heures plus tôt, mes yeux se sont laissés attendrir : j’ai commandé un tiramisu et un jus de fraise. Ooooh, le pied ! The Dusty Café, c’est comme La Plancha, je veux y retourner !

En fin de journée, on était toutes claquées. On est rentrées directement histoire de se remettre de ce weekend très intense. D’autant que demain est un grand jour : je vais enfin rencontrer les petits bouts à qui j’enseignerai l’anglais les trois semaines qui viennent.

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26 octobre 2015

Day 13: First Day of School

‘‘OH MY GOD! OH MY GOD! OH MY GOD!’’ Interpellée, même à moitié endormie (il était 2h30), j’ai tendu l’oreille. ‘‘There is a spider!’’ (=Il y a une araignée !) Et j’ai replongé dans les bras de Morphée. Le lendemain, j’ai découvert que l’araignée en question était énooorme, velue et se déplaçait en bondissant. Et, quand les filles ont enfin réussi à l’écraser, une multitude de bébés araignées s’est mise à courir dans toute la salle de bain. J’ai bien fait de me rendormir, moi...

Après une matinée tranquille, Joanne et moi, on s’est dirigées, comme prévu, vers le bureau de Green Lion pour prendre notre taxi direction Blahbatuh, le village où se trouve l’école Green Lion Kindergarten, à 30 minutes de Penestanan. Sauf que le bureau était fermé, qu’il n’y avait personne, pas même notre chauffeur. Heu... on se serait trompées ? Demi-tour, direction la maison où l’on a passé notre semaine d’orientation. Ah oui mais nan... on avait bien compris. Et on rebrousse chemin ! Le tout sous la chaleur intenable d’un début d’après-midi balinais. Bref, on est arrivées à l'école avec 30 minutes de retard, en sueur et... sans nos binômes ! Oui parce que, en arrivant, on a appris qu’on n’enseignerait pas ensemble / qu’on avait chacune notre binôme et moi j’ai découvert que Pamela (ma binôme) n’était pas la seule à être absente : mes élèves étaient à la piscine ! Des cours de piscine à 3 ans seulement ? Je me demande bien ce qu’on leur apprend... Fin bref, en résumé, c’était plutôt freestyle pour une première journée ! Moi qui voulais sortir de ma zone de confort, je suis servie : adieu contrôle de la situation, bonjour désorganisation !
Comme c’était notre premier contact avec les élèves, ne sachant pas ce qu’ils avaient déjà étudié, on n’avait pas vraiment préparé d’activités. Du coup, on a demandé à observer le cours, les fesses posées sur des toutes petites chaises (et oui mes fesses rentraient, oui la chaise n'a pas cassé !).
L’école porte le nom de l’association ; elle a dû être financée grâce à nos frais de participation et peut-être même construite grâce aux bras des bénévoles qui ont choisi le programme ''construction''. Les institutrices portent d’ailleurs le T-shirt avec le logo de l’association : un lion vert, bien sûr. La superficie est assez limitée : il n’y a que deux salles de classe séparées par un mur ultra fin, version planche de bois, qui ne va pas jusqu’au plafond. Avec jusqu’à 60 élèves au total, c’est super bruyant. Bonjour le mal de tête en sortant ! L’institutrice a écrit quelque chose au tableau. Quoi ? Bonne question ! Joanne et moi, on s’est regardées, dubitatives. Non non, on n’est pas myopes. Ce sont les petits Indonésiens qui ont des yeux de lynx, capables de lire l’encre invisible. Enfin, invisible, n’exagérons rien. De l’encre jaune pâle. Jaune très très pâle. En fait, c’était une espèce ‘C’ inversé qu’ils ont par la suite, dû reproduire encore et encore dans les petits carreaux de leurs petits cahiers. En les regardant travailler, j’ai réalisé à quel point la personnalité d’un enfant est déjà très développée à 5-6 ans. Il y a les élèves sérieux qui, concentrés sur leur cahier, s’appliquent à suivre les consignes. Il y a les petits rigolos qui ont du mal à se concentrer et préfèrent bavarder. Et puis, il y a ceux qui n’ont pas compris les consignes et qui restent perplexes devant leur page blanche. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes loulous en France. Est-ce que leur personnalité était déjà aussi marquée que ces petits bouts au même âge ? Est-ce que ces petits bouts leur ressembleront une fois adolescents ? Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est le respect avec lequel ils attendent patiemment que leur maîtresse les appellent pour aller récupérer leur cahier ou que leurs camarades aient fini l’exercice, eux aussi. C’était marrant aussi de voir les regards intrigués qu’ils nous lançaient, les sourires timides qu’ils nous faisaient. Une pitchoune est même venue me parler. Évidemment, j’ai rien compris ! Je me suis contentée de sourire... bêtement. Joanne leur a chanté des comptines, je leur ai lu une histoire. C’est drôle de voir l’enthousiasme avec lequel ils reproduisent les gestes et répètent les mots quand il les connaissent.
Si je devais résumer cette première journée en un mot, ce serait ‘‘déstabilisante’’. Moi qui pensais que mes élèves français avaient parfois un niveau très bas, je me dis que, finalement, il n'était pas ‘‘si bas’’. Et puis, il y a la barrière de la langue et cet énorme manque d’organisation. Honnêtement, je n’avais pas envie d’y retourner. Ce qui m’a rassuré, c’est de parler avec Leyla, ma coloc’ turque qui est là depuis plusieurs semaines : apparemment, la première journée fait cet effet-là à tous les bénévoles qui enseignent. Les jours suivants, on a qu’une hâte : y retourner. Vivement les jours suivants, alors !

Le soir, entre le contrecoup du weekend et nos premières expériences en tant que bénévoles, on n’a pas fait long feu. ZzzZzzz...

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27 octobre 2015

Day 14: Full Moon

‘‘Aaaaaaaah...’’
Ce bruit bizarre, c’est la prof de yoga qui expire en tirant la langue (oui parce que j’ai assisté à mon premier cours de yoga !). Comme c’est censé être une expiration de bien être, ça donne un son proche d’un début d’orgasme... heu, je suis vraiment obligée de faire pareil ??? Ce cours m’a permis de me rendre compte à quel point j’ai perdu ma souplesse et a ouvert la porte à une phase nostalgique de l’époque où je pouvais faire le grand écart et monter mon pied arrière à ma tête sans échauffement. Phase qui a elle-même engendré un début de dépression. Dépression qui va à l’encontre totale de l’effet de bien être recherché lors d'un cours de yoga ! Bon, heureusement, un petit coup d’œil sur la vue depuis mon tapis a suffi à mettre un terme à mon gros chagrin. Intuitive Flow est située sur les hauteurs d’Ubud, dans une salle entourée par des immenses baies vitrées. Autant dire que la vue est ma-gni-fi-que ! Quand la prof nous a demandé de focaliser notre regard sur un point fixe pour garder l’équilibre, oh, j’ai choisi le joli palmier au loin, sur la colline en face de moi. Et puis, tant qu’à s’initier au yoga, autant jouer la carte des énergies à fond les ballons et choisir un jour très particulier : la pleine lune ! (jour très important pour les Balinais)

Comme j’ai épuisé ma réserve de dollars, j’ai fait mon premier retrait aujourd’hui. 1,500,000 roupies. À la vue de tous ces 0, mon cœur s’est emballé. Je les ai recomptés au moins trois fois pour être sure que mon compte bancaire n’allait pas être dévalisé. Bon, après conversion, c’est tout de suite moins impressionnant : 1,500,000 roupies, ça ne fait ‘‘que’’ 100€.

Dans l’après-midi, on a enfin rencontré nos binômes, Joanne et moi. Gudmunda (islandaise) et Pamela (mexicaine) sont là depuis deux mois. Savoir que Pamela est rodée, après la journée d’hier, j’avoue que ça m’a rassurée. En plus, comme notre classe (les 3-4 ans) avait de nouveau piscine, on allait pouvoir observer la classe des filles (les 5-6 ans)... hum, ou pas ! Contrairement à ce qui a été dit à Pamela, le cours de piscine c’est jeudi, pas aujourd’hui. Aaaaaaaah... (non ceci n’est pas une expiration de bien être toute langue dehors, mais plutôt un cri de désarroi, en mode je-sens-le-sol-se-fissurer-sous-mes-pieds-,-trop-de-désorganisation-va-finir-par-me-tuer !)
Pendant que Pamela a préparé deux activités sur le tas, je suis allée faire un tour dans la classe des filles (binôme indigne que je suis !) assister au cours le plus improbable de toute ma vie : le modeling (=mannequinat) ou comment apprendre à des enfants de 4-5 ans à défiler comme des tops models !!! Quatre rangées, deux pour les filles, deux pour les garçons. Les enfants avancent deux par deux, posent (oui oui, POSENT !), partent chacun(e) d’un côté, posent, se croisent, posent, reviennent vers le centre, posent et repartent vers le fond de la salle. D’abord les filles, puis les garçons. Je crois que ce qui nous a le plus choqué, Joanne et moi, ce sont les poses. Deux pour les filles, deux pour les garçons. Les filles ont les mains sur les hanches, les épaules en arrière (très en arrière... la position pas naturelle du tout, quoi !) et le pied droit ouvert à 90°C. Pour la deuxième pose, le haut du corps ne bouge pas, elles inversent juste la position de leurs pieds. Le tout la tête haute et le sourire aux lèvres, sous peine, dans le cas contraire, d'être réprimandées par la prof (oui apparemment, à Blahbutah, prof de modeling, ça existe !). Les garçons, eux, bougent surtout le haut du corps. Position n°1 : ils croisent les bras, le regard sérieux (un peu à la charmeur-tueur). Position n°2 : ils gardent un bras sur le ventre et placent le pousse et l’index ouverts à 90°C sous le menton (en mode beau gosse). Bien sûr, histoire de créer une variante, les bras sont interchangeables. Si, au début, c’est marrant parce que 1-ça paraît tellement improbable d'apprendre à défiler à des enfants, 2-c’est tellement mignon de voir des petits jouer les grands, ça devient vite déroutant. Il y a un côté sexualisation qui nous a vraiment perturbées, Joanne et moi.
De retour dans la salle d’à-côté, j’ai assisté à une cérémonie en l’honneur de la pleine lune. Les enfants étaient assis par terre, sur plusieurs rangées, avec un morceau de tissu enroulé autour de la taille (identique aux ceintures portées par-dessus les sarongs), quelques fleurs et une tige d’encens devant eux. Encore une fois, je suis fascinée par le respect dans lequel ils ont participé à la cérémonie, la dévotion avec laquelle ils ont récité les prières et reproduit les gestes de leurs institutrices. La cérémonie s’est terminée un peu à la manière du rituel dans les bassins d’eaux sacrées du temple Tirta Empul : les institutrices versaient de l’eau dans les mains des enfants qui la buvaient plusieurs fois, puis qui l’appliquaient sur le haut de leur visage.
Une fois la cérémonie finie, on est passées aux deux activités improvisées par Pamela, sur le thème des animaux. Le but : leur apprendre les mots ‘‘giraffe’’ et ‘‘elephant’’. Comme ils n’ont que 3-4 ans, adieux les explications grammaticales et les exercices de conjugaison, bonjour créativité et imagination ! Au programme du jour donc, le coloriage d’une girafe et la réalisation d’un éléphant à l’aide d’une feuille de papier, d’un peu de peinture, d’un pinceau, de petites mains, d’un stylo noir et, comme je le disais, de beaucoup d’imagination. Pamela leur a mis un modèle de girafe jaune aux tâches marron au tableau (leur tout petit tableau, plus petit que celui avec lequel je jouais quand j’étais petite). Mais j’ai découvert qu’en matière de créativité, nos petits bouts aussi étaient particulièrement bien calés ! (ou alors c’est moi qui ne sait pas qu’il existe plusieurs variétés de girafes : des rouges, des oranges, des arcs-en-ciel, des sans tâches...) Il y en a quand même 2-3 qui m’ont impressionnée : la couleur et les tâches de leur girafe sont bien présentes, conformes et en plus ils dépassent pas !!! Un peu en mode les enfants du personnage ‘‘le blond’’ de Gad Elmaleh... sauf que, vue leur couleur de peau, c’est scientifiquement pas possible ! Au bout de la table, il y avait une pitchoune, le crayon à la main, qui ne touchait pas sa feuille. Une ‘‘élève perplexe’’. Je me suis assise à côté d’elle, je lui ai emprunté son crayon et j’ai commencé à colorier sa girafe. Je l’ai regardé, je lui ai tendu son crayon et je lui ai souri. Elle a repris le crayon et commencé à colorier. Lorsque la girafe était jaune du bas du cou à la pointe des oreilles, j’ai renouvelé mon expérience avec les tâches. Incroyable mais vrai, ce petit bout de chou joufflu (un cas peu fréquent à Bali) a fini dans le top 3 des meilleurs coloriages de l’après-midi. Et moi, j’ai franchi la première étape de ce que je suis venue apprendre à Bali : il n’est pas utile de parler la même langue pour se comprendre, pour apprendre. 
Une fois la girafe terminée, place à l’éléphant. Après les avoir fait répéter le mot plusieurs fois, j’ai appris, en même temps que les enfants, à réaliser un éléphant avec une main. Le principe : 1-on étale de la peinture bleue sur la paume de sa main, 2-on la plaque contre la feuille, 3-on obtient un joli petit éléphant de profil (le pousse représentant la trompe, les quatre autres doigts les pattes) auquel on rajoute l’oreille et l’œil au stylo noir une fois la peinture sèche. Je vais me remettre au babysitting, moi, je crois, histoire de rentabiliser mes nouvelles connaissances !
Au moment de partir, je me suis faite encerclée par tout plein de petits bouts de choux, la main tendue vers la mienne. Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qu’il m’arrivait que déjà l’un d’entre eux avait attrapé ma main pour lui faire un bisou et la poser sur son front. Au total, j’ai eu le droit à 12 petites mains attrapant la mienne et 12 petits bisous. Ainsi qu’à la liquéfaction de mon cœur devant tant de respect et d’amour. J’ai découvert par la suite que c’est une marque de respect envers leurs aînés. Ils le font avec leurs enseignants, mais aussi avec les membres de leur famille, comme leurs parents ou leurs grands-parents, par exemple.

En rentrant de cette première vraie journée d’enseignement particulièrement chargée en émotions, pas le temps d’atteindre la maison que j’ai croisé mes coloc’s, en route pour Kopi Desa, l’un des deux cafés-restaurants du village. Bon, ben, mon gel douche et mon déodorant attendront... Mon club sandwich et mon thé glacé au citron étaient bien bons.

Le soir, appareil photo en main, alors que j’étais concentrée sur mon shooting intensif de la pleine lune, j’ai senti un truc atterrir sur mon pied. Et là le temps s'est arrêté de tourner. J'ai vécu deux minuscules secondes aux allures d'éternité en mode monologue intérieur : ‘‘Qu’est-ce que je fais ? Je crie ? Je crie pas ? Je regarde ? Je regarde pas et je secoue mon pied comme une dingue en espérant que la créature monstrueuse ne se soit pas aimantée ?’’. Et puis, je me suis ressaisie (du moins, j'ai essayé !) et j'ai tenté de me convaincre que ça devait juste être un gecko tombé du plafond. Je regarde ? Allez, prends ton courage à deux mains, louloute, et regarde. Ah ben c’était PAS un gecko ! C’était beaucoup plus gros. C’était... une grenouille ! Heu... quand je vois la hauteur de la terrasse par rapport aux bassins de poissons du jardin, je me dis que j’ai rencontré le Usain Bolt du saut en hauteur dans la catégorie batraciens ! Joanne m’a dit que j’aurais dû l’embrasser. Qui sait, après tout, je viens peut-être de passer à côté du prince charmant...

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28 octobre 2015

Day 15: Morning Bath

Rendez-vous : 8h. Direction : la cascade de Tegenungan, dans les environs d’Ubud. Pile le jour où on nous amène nos lunchboxes (enfin, breakfast boxes, pour être exacte !) en retard... peut-être que la livreuse de repas avait peur qu’on coule... le ventre vide, ça augmentait nos chances de flotter !
Arrivées sur le parking, il n’y avait personne. Heu... vous êtes sures qu’on est au bon endroit ? Et, une fois devant la cascade, même constat : on l’avait rien que pour nous. La classe !! Même si je ne voyais absolument pas mes pieds, vue la couleur de l’eau, je me suis quand même baignée. C’était mon petit exploit de la journée. On a tenté de nager jusqu’à la cascade mais ce fut un échec cuisant : il y avait beaucoup trop de courant ! Joanne en a profité pour faire son yoga matinal face au soleil qui se levait petit à petit au sommet de la cascade et moi... pour casser ma tong ! C’est tout de suite moins glamour...
Avec quatre de mes coloc’s on est motées sur les rochers en hauteur tout près de la cascade, en mode Pocahontas. Le vertige ? Ah nan, même pas peur ! En revanche... ‘‘There is a dead baby snake.’’ (=Il y a un bébé serpent mort.) Heu... WHAT??? En effet, il y avait bien un bébé serpent immobile, dans une flaque d’eau. Allez louloute, surmonte ta phobie et prends-le en photo. Penchée au-dessus de lui, j'espérais qu’une chose : qu’il soit bel et bien mort (et pas juste endormi). Quant à l’idée que sa maman circule dans les environs, j’ai préféré la rejeter pour le bien être de mon rythme cardiaque et de ma santé mentale.

L’après-midi, j’ai enseigné à un deuxième groupe de maternelles. Au programme : les mots ‘‘monkey’’ et ‘‘giraffe’’.
Pour la première activité, Pamela avait préparé un masque. Une fois qu’ils avaient fini de colorier la tête de singe préalablement perforée au niveau des yeux, les enfants devaient scotcher un bâtonnet de l’autre côté leur permettant de tenir le masque devant leur visage. Un petit ‘‘perplexe’’ restait devant sa feuille, un crayon de couleur à la main, complètement perdu. Alors j’ai réitéré l’expérience de la veille : je me suis assise à côté de lui, je lui ai emprunté son crayon, j’ai commencé à colorier sa tête de singe, je l’ai regardé, je lui ai rendu son crayon et je lui ai fait un grand sourire. Et, encore une fois, ça a marché ! Il s’est mis à colorier. Ouuu yeaaah !
Deuxième activité : la girafe. Pour varier de la veille, Pamela avait préparé des morceaux de girafe, 6 au total : le cou, la tête, les deux oreilles et les deux antennes. Les enfants devaient les assembler, les coller, puis les colorier. Oui, bon, ok, la partie assemblage / collage a été un vrai casse-tête pour certains d’entre eux. C’est dans ces moments-là qu’on voudrait bien avoir autant de bras que Shiva ! Mais finalement, on a géré : aucune girafe n’a fini avec une oreille au niveau du cou ou une antenne qui lui sortait de la bouche.
Quand ils ont fini une activité, ils font trop rire : ils viennent nous montrer leur création, tous fiers d’eux. Certains tentent même d’entamer un dialogue, mais vue que mon vocabulaire en indonésien s’apparente plus à des notions, ça ressemble plutôt à un monologue...
À la fin de l’activité, pour empêcher l’attitude chahuteuse de 2-3 garçons de prendre de l'ampleur, j’ai récupéré leurs colles. Sauf que, ce que je n’avais pas envisagé, c’est que tous les autres petits bouts allaient me tendre la leur. Résultat : en moins de deux minutes, j’avais une quinzaine de tubes de colle dans les mains !!! Pour ça aussi, ils font rire : dès qu’une activité est finie ou qu’ils voient un camarade rendre quelque chose, il ramasse tout ce qu’ils peuvent et le rapporte. Pas besoin de courir après tous les crayons de couleurs, ils arrivent tous dans leur boîte directement dans nos mains. Même Mary Poppins ne fait pas aussi bien !
Comme ils sont encore petits et qu’ils ont parfois du mal à couper le cordon avec leurs parents, certains restent dans la classe, pendant le cours. Au début, c’est un peu perturbant, et puis, on s’y fait. Mais ce qui m’a vraiment perturbée aujourd’hui c’est la maman qui a allaité son deuxième tout sein de sortie en plein cours alors qu’il y avait un papa dans la salle. L’allaitement en public en soit ne me gêne pas du moment que ça n’est pas un prétexte pour s’exhiber, mais dans un pays où les hommes et les femmes, mêmes mariés ne se donnent pas la main ou ne s’embrassent pas en public, oui j’avoue que ça m'a surprise sur le coup.

Le soir, on est allées faire un tour au marché nocturne près d’Ubud. S’il y a quelques stands de vêtements ou de vente de poissons et bébés tortues dans des sacs plastiques remplis d'eau et posés à l'arrière d'une moto (!), nous, on était surtout venues manger le gâteau que Danielle, l’une de mes anciennes coloc’s, a ramené la semaine passée à la maison. Un gâteau chocolat fromage (oui, j’avoue, le mélange ne donne pas du tout envie mais, en fait, c’était super bon) qu’ils ont préparé devant elle pour une somme ridicule, style 1€. Pas de chance, le stand n’était pas là. Boh, on n’allait pas se laisser abattre. Du coup, on s’est rabattues sur des bananes poêlées et des espèces de petites tartes-pancakes chocolat-cacahuète. Bien gras. Bien bourratif. Bien bon. Le tout pour moins de 1€. Anna, elle, a tenté les espèces de morceaux de pancakes verts trempés dans de la noix de coco rapée. En mélangeant les ingrédients sous nos yeux, entre le gras et le sucre, la vendeuse en avait plein les mains quand elle a manipulé les billets pour rendre la monnaie. Mon cerveau, lui, a imaginé la situation inverse - les doigts sales de nouveau plongés dans la nourriture - et ça m’a pas du tout donné envie de goûter. Beurk !

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29 octobre 2015

Day 16: The Art of Bargaining

6h15 : bip... bip... bip. Nan je plaisante : mon réveil ne fait pas ce bruit-là. Par contre, il a bien sonné à 6h15 (!) pour assister toute fraîche et pimpante (ou pas) au cours de yoga de 7h. J'ai posé mon fessier tout devant comme ça, à défaut de comprendre toutes les instructions, au moins, cette fois, je verrai bien les positions. Et de fait, cerise sur le gâteau, aucune tête chevelue ne me cachait la vue magnifique. J'ai beaucoup aimé Robyn, la prof. Elle est douce et explique super bien. Parfait pour la débutante non anglophone de naissance que je suis. À la fin du cours, pendant la séance de relaxation, on a eu droit à un masque de petites billes sur les yeux. Le ventre vide, après une courte nuit et 1h30 de yoga, j'étais à deux doigts de me rendormir !

En sortant, on est allées petit déjeuner juste à côté d'Intuitive Flow, dans un tout petit café restaurant bio en extérieur, comme j'adore en trouver à Ubud au détour de tous petits chemin au milieu des rizières, le Yellow Flower Café. Jus d'oranges pressées sous mes yeux dans la toute petite cuisine ouverte et crêpe géante aux fruits frais. Miaaam !

Une fois rassasiées, on est descendues au marché. Je voulais acheter un sarong, pour visiter les temples, et des pantalons fluides type sarouels pour l'école (que je me vois tellement bien porter en mode pyjama / journée glandouille à mon retour en France). Le matin, c'est LE moment pour aller négocier : comme la première vente est synonyme de chance, ils sont prêts à descendre les prix beaucoup plus bas. Surtout les vendeurs à l'étage qui ont beaucoup moins de passage. Par contre, point négatif : ils sont d'autant plus alpagueurs, même si on a déjà un sac bien rempli sous le bras. "One more? One more?" (=Un autre. Un autre.) Aaaaargh... Tiftif l'insociable, le retour ! Pour mon premier achat, un sarouel, la vendeuse voulait 150,000IDR (environ 10€). Bawaaah... sachant que d'autres bénévoles ont payé le leur 50,000IDR (environ 3€), hors de question de dépenser plus ! Vue la fermeté sur mon visage, elle n'a même pas cherché à négocier un prix intermédiaire. J'étais trop fière de moi ! Au final, moi qui déteste négocier les prix, je m'en tire plutôt pas mal : deux sarouels, un short (tous des futurs pyjamas) et un sarong pour 140,000IDR (soit 9€) au lieu de 375,000IDR (23€), tous achetés à des vendeurs différents (soit quatre négociations à mon actif). J'étais refaite ! En prime, comme j'étais la première vente d'une dame, j'ai été témoin du rituel de bénédiction : pour attirer cette fameuse chance tellement importante dans la culture balinaise, la vendeuse a tapoté ses différents produits avec mes billets. C'était très touchant à voir. Elle n'arrêtait pas de répéter "You bring me good luck!" (=Vous m'apportez la chance.). Oh, la pression sur mes épaules tout d'un coup ! À l'étage, vu le nombre très important de stands et de virages, c'est un vrai labyrinthe. Résultat : je me suis perdue, impossible de retrouver la sortie ! À chaque intersection, j'étais obligée de redemander mon chemin en essayant de ne pas leur aboyer dessus quand ils en profitaient pour me proposer de façon insistante de regarder leur stand.

L'après-midi, comme le deuxième groupe d'élèves avait piscine, j'en ai profité pour faire ce qui s'avère un peu compliqué quand on est huit sous le même toit : m'épiler. Oui parce qu'on n'en parle jamais mais s'épiler, quand on vit en communauté, ça devient vite un parcours du combattant ! La seule qui nous convient vraiment, c'est l'épilation définitive. Sauf que pour ça 1-il faut des sous, 2-il fallait y penser avant. Le rasoir, vue la couleur de ma pilosité et la rapidité de repousse, c'est MORT ! L'épilateur électrique, les jambes écartées, les fesses posées sur une serviette sur son lit (proximité d'une prise de courant oblige !), quand on est trois dans la même chambre, c'est pas folichon. La cire, tout comme l'épilateur électrique d'ailleurs, ça implique de laisser aux poils le temps de repousser, sauf que pour porter des pantalons non-stop par 30°C, il faut être un peu sado. Reste la crème, évacuable sur la douche et à l'origine d'une repousse un peu moins drue, mais dans la lignée du rasoir en terme de rapidité de repousse. Après un long débat intérieur, je me suis demandée qui était ce c** qui avait décidé un jour, comme ça, que les femmes sans poils c'était mieux. Oui, ce c**, parce que selon moi c'est forcément un homme : il ne faut vraiment pas être confronté à la situation pour prendre une décision pareille !

Le soir, après un bon dîner sous forme de buffet à la maison de Green Lion, Celeste, l'une de mes coloc's, nous a expliqué qu'en remplaçant un mot par "boob" (=nichon) dans un texte, ça fonctionnait toujours. Pour nous prouver sa théorie, elle a attrapé le premier livre qui lui venait sous la main : un livre pour enfants sur les oreilles. Avec des phrases du genre "A cat has 32 muscles in each boob and each boob can turn independently." (=Un chat a 32 muscles dans chaque nichon et chaque nichon peut tourner indépendamment.), je dirais plutôt que ça donne des conversations improbables. Mais on a bien rigolé. Expérience à retenter !

Après trois jours passés à badigeonner du gel à l'aloe vera acheté à Seminyak (pour un prix loin d'être donnée d'ailleurs... les vendeurs ont bien compris que les touristes blancs sont naïfs face au soleil balinais et comme en plus ils sont "riches", autant en profiter !), j'ai découvert que j'en avais dans mon jardin. J'ai entamé ma thérapie aloe verette hier et, pour l'instant, ça fonctionne plutôt bien. On dit merci Joanne pour m'avoir montrer à quoi la plante ressemble et fait réaliser qu'il y avait des pots de plantes près de la marre à poissons !

Posté par estelle_rousseau à 23:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]