14h. Après une matinée tranquille, à profiter une dernière fois de notre piscine-oasis, 14h, c'est l'heure à laquelle notre chauffeur de taxi-calèche était censé venir nous chercher. Sauf qu'il est arrivé avec 15 bonnes minutes d'avance, laps de temps que l'on avait prévu pour se changer / boucler nos valises. C'est balo !
Décidément, à Bali comme à Gili, peu importe le moyen de transport, les chauffeurs semblent avoir quelques soucis avec la notion du temps... Et alors, niveau amabilité, on n'en parle même pas ! (... enfin si, un peu quand même) Comme à notre arrivée sur l'île, on a eu droit à un cocher-porte de prison ! Heu... et sinon, le trajet jusqu'au bateau, on peut le faire au guidon de nos vélos ?
Un cocher-porte de prison qui ne s'est d'ailleurs pas gêné pour nous arracher un "100,000 IDR." alors que le propriétaire de l'hôtel nous avait annoncé 75,000 IDR... aaargh !

Si les chauffeurs de transports terrestres sont toujours mille fois trop en avance, pour les transports maritimes, on assiste à la tendance totalement opposée. C'est fou !
Une fois au bar d'embarquement, on a donc attendu, attendu, attendu... (oui parce que le bureau de l'agence se trouve dans un bar... à se demander si le retard n'était délibéré pour nous pousser à consommer !) Au bout de 30 minutes d'attente :
"Il arrive quand le bateau ?"
"Dans 20 minutes... Peut-être."
Ah ok... super ! Finalement, après avoir arpenté la rue touristique commerçante sablonneuse, acheté des chips-biscuits-sodas (le combo diététique par excellence !) et glandouillé sur les chaises du bar, on a ENFIN embarqué, les pieds dans l'eau avec, oh... une bonne heure de retard !
Si le trajet a été beaucoup moins tape-cul qu'à l'aller, il a aussi été beaucoup plus long. Déjà parce qu'on avait pris place à bord d'un ferry, pas d'un fast boat, mais aussi parce qu'il devait amarrer à Padang Bai, une ville beaucoup plus au sud de Bali qu'Amed.

Si je me faisais une joie de retrouver la mentalité hindouiste balinaise et les offrandes aux quatre coins des rues, mon cerveau avait omis un léger détail... "Transport? Transport?" Non, non et NON ! Bats les pattes, messieurs ! On a déjà un "transport". (à prononcer à l'anglaise, avec un roulement de R particulièrement prononcé)
Notre transport, justement, parlons-en ! 2h de route dans une navette 8 places, moi, derrière, avec d'autres passagers internationaux, Mélody et Charline assises devant, à gauche du chauffeur (car, ici, le volant est à droite), sans ceinture... "Tiph, nos sièges sont brûlants !"... les fesses posées au-dessus du moteur !
Après trois jours passés loin de tout engin motorisé, bienvenue dans la jungle de Denpasar, le seul endroit où j'ai vu une "autoroute" à Bali. Et la jungle, c'est peu dire ! 3 voies dans chaque sens (4 officieusement !), embouteillées, polluées, autorisées aux scooters "familiaux" (transportant jusqu'à 5 passagers : Papa aux commandes, l'aîné sur ses genoux, le cadet derrière, entre Papa et Maman, assise à l'arrière, bébé n°3 blotti dans ses bras... normal, quoi !)... Hé, chauffeur, c'est quaaand qu'on arriiive ???

À Seminyak, le chauffeur nous a proposé de nous déposer devant notre hôtel, à soit disant 10 bonnes minutes en voiture de l'arrêt prévu, pour 50,000 IDR de plus. Heu... tu nous as prises pour des pigeonnes ? D'après notre plan, la rue dans laquelle il se trouvait était à deux pas. Alors, nos sacs sur le dos, on a choisi l'option tassage-de-vertèbres-sous-le-surpoids-de-nos-backpacks plutôt que dépenser un montant pourtant ridicule quand on y pense (50,000 IDR = 3€, à trois... le retour de la revanche des radines !). Moui, sauf que, si la rue (déserte et peu éclairée) n'était pas loin, l'hôtel, lui, restait introuvable. Heu... monsieur le chauffeur, on peut revenir sur notre décision ???
Bon, finalement, grâce aux indications de locaux très gentils, on l'a trouvé, notre hôtel. Youuuhouuu ! Le propriétaire hollandais-francophone-gentil nous a accompagnées jusqu'à notre chambre. Tout droit, tout au bout du compound. Grande, avec un coin cuisine et un frigo (détail très important par cette chaleur humide, insoutenable !), décorée dans un style colonial, elle sentait... le vieux ! Avec une douche sans toit... qui attirait particulièrement les moustiques. Hum... il va falloir ressortir la citronnelle ! (à petite dose, cette fois-ci, promis)

Seminyak, c'est la dernière étape de notre road trip, la dernière étape de mon séjour dans les pas d'Elizabeth Gilbert. Rien que d'y penser, je sens une boule se former dans mon ventre... à moins que ce soit mon estomac qui appelle au secours. Après tout, depuis le petit déjeuner, je ne m'en suis pas vraiment occupé. 
On a passé la porte du Wacko, un restaurant à proximité de l'hôtel, 5 minutes avant la fermeture des cuisines. Ouf... juste à temps pour déguster un bon burger et des frites à tremper dans une sauce moutarde-mayo. Huuuum, la nourriture occidentale ! Je suis à deux doigts de la voir danser devant mes yeux tellement elle me manque. Et, en prime, la serveuse nous a appelées par nos prénoms tout au long du repas : "Miss Melody, Miss Charlina and Miss Tiffany." Elle était chou ! Aux petits soins et tout (un peu trop peut-être, mais comme ça partait d'un bon sentiment, on ne lui en a pas tenu rigueur).

Le retour à l'hôtel, on l'a un peu fait en mode Super Mario (la petite musique en moins). Si, les trottoirs balinais sont en général déjà conçus comme des dos d'âne (histoire de monter pour mieux redescendre), dans ce quartier de Seminyak, il y a un obstacle supplémentaire : les trous ! Et là, on était loin des petits trous de Serge Gainsbourg. Non, c'était plutôt des fossés, pas toujours encerclés de barrières, qu'il fallait enjamber ou contourner selon la largeur. Note à moi-même : abstiens-toi de rentrer bourrées au cours des jours à venir au risque de ne pas rentrer du tout pour cause de chute au fond d'un trou !