J'ai longtemps hésité, pesé le pour et le contre, puis est venu le moment de me remémorer la douleur que j'ai ressentie en grimpant le "mont de la torture" et... j'ai cédé au confort matelassé. Le réveil en pleine nuit et les courbatures, je les ai laissés aux filles, moi, j'ai opté pour mon lit.

Après un petit déj' au top pour (re)prendre des forces, direction les sources (très trop) chaudes naturelles de Toya Bungkah, au bord du Lac Batur, où on a eu droit à un accueil jus de pastèque-bananes fries. Décidément, ils savent parler à notre estomac dans la région !
À notre arrivée, on avait limite le bassin pour nous. En mode sources-chaudes-privatives. Et puis, de jeunes couples indonésiens sont arrivés et là, l'impression d'être nue comme un vers est venue me frapper. Les Indonésiennes ne se la jouent pas bikini-party. Ici, si bikini il y a, il est caché sous le duo débardeur-short. Du coup, oui, à côté, moi, ma poitrine généreuse et mes hanches de femme, dans notre maillot de bain deux pièces, on se sentait quelque peu dénudées...

"Benji", notre nouveau chauffeur est arrivé avec bien 30 minutes d'avance. Heu... nous, ces 30 minutes, on avait justement prévu de les consacrer à marchander... C'est balo ! Au premier abord, il était super gentil, partant pour s'arrêter où/quand on voulait, il n'y avait qu'à demander. Hum... "Vous connaissez une plantation de café ?" Oui... évidemment.

Histoire de ne pas réitérer notre expérience désastreuse, avant d'arriver sur la plantation de café, j'ai volontairement raconté à "Benji" notre mésaventure, en insistant bien sur ce qui nous avait dérangées, à commencer par le manque d'explications et la froideur de notre guide. Et, ça a plutôt bien fonctionné ! Des explications, on en voulait, on en a eu. Du coup, une fois dans le magasin, même si on sait parfaitement que les produits sont beaucoup plus chers que dans un supermarché, on a joué le jeu. Sans oublier de demander une petite réduc', of course ! Le monsieur rigolo a bien tenté une petite vanne pour détourner la question, mais c'était sans compter sur notre acharnement. Pas de chance pour vous les loulous, les petites Frenchies sont devenues des requins de la négociation.

On a repris la route, on s'est arrêtés sur le bas-côté entre deux conversations pour prendre en photos un temple joliment décoré, puis, plus loin, des rizières. En remontant dans la voiture, la conversation a repris. Mélody a expliqué à "Benji" qu'en France il n'y a rien d'anormal à ne pas être mariée à 30 ans, qu'avant de se faire passer la bague au doigt on vit souvent d'autres relations, plus ou moins intenses, plus ou moins durables. Si l'ouverture d'esprit est une qualité répandue à Bali, vu la modification de conduite survenue post-conversation, je dirais que "Benji" n'en est pas doté. Finis les arrêts où-vous-voulez-quand-vous-voulez, finies les conversations culturelles, il n'avait qu'une idée en tête : arriver au plus vite à Amed. Heu... si je peux me permettre, tu ne seras jamais de retour à la maison à l'heure que tu t'étais fixée car, au-delà du nombre de kilomètres beaucoup trop important à parcourir dans ce laps de temps, avec ce type de conduite, TU NE RENTRERAS JA-MAIS À LA MAISON !!! Vivant, du moins.
Une fois à Amed (saines et sauves !), avant même de partir à la recherche de notre maison d'hôtes, "Benji" nous a déposées devant une agence de bateaux pour les îles Gili, notre prochaine destination. Ben ça alors, tout d'un coup, notre chauffeur avait du temps à nous accorder ! Si les arrêts photos des magnifiques rizières qu'on a traversées en fin de route je les ai eu dans le c**, autant te dire que ta commission, tu peux de la mettre bien profond ! (violence à mettre sur le compte des deux heures de stress intense en mode on-va-tous-mourir-!) On voulait juste se renseigner sur les tarifs, on a tenu bon. 
De retour dans la voiture, impossible de trouver la maison d'hôtes. Après avoir longé l'unique route en long, en large et en travers, on s'est résignés à demander. Avec les locaux, ça n'a rien donné. Et vos potes de l'agence ? Surtout pas ! Conséquence d'une autre valeur balinaise : la fierté. Comme on n'avait pas acheté notre traversée, "Benji" ne remettrait pas les pieds dans la boutique. Sauf si - proposition de "Benji" (!) - les tickets, on les prenait. Pardon ??? Je pensais que l'expression fermée de mon visage était claire : TA COM-MIS-SION... STOOOP ! On prend une grande inspiration... hmmm... on bloque... et on expire profondément... fouuuu...

Une fois remise de nos émotions, on a rejoint Peggy et Hugo (le couple montpelliérain rencontré à Pemuteran avec qui on risque de devoir financer un temple si les dieux se mettent à parler) pour dîner à Warung Amsha, un petit resto tout nouveau, les pieds dans le sable. Par anticipation, j'ai badigeonné (le mot est faible !) mes bras d'huile essentielle de citronnelle... mauvaise, TRÈS mauvaise idée, qui m'a valu d'être charriée toute la soirée !!!
Le propriétaire nous a offert de l'arak en fin de repas. "Oh, un verre pour cinq, ça ira." Pardon, un verre pour six... le sable a eu droit à sa dose, lui aussi. Mais heu-reu-se-ment qu'on n'en a pas pris un chacun. L'arak est un alcool très fort, qui monte facilement au cerveau. D'où l'absorption de la fin du verre par le sable. Un retour sans tituber aurait été particulièrement compliqué si nous n'avions pas invité ce dernier à se joindre à nos festivités !